La Tribune (Algiers)

Algérie: Enseignement supérieur - Le ministre écarte toute privatisation de l'université

Amirouche Yazid

17 Janvier 2008


Le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a démenti hier toute intention ou projet visant la privatisation de l'université publique. Dans une rencontre qu'il a tenue avec les doyens des universités, M. Rachid Harrouabia a estimé qu'aucun établissement relevant de l'enseignement supérieur, géré par l'Etat, ne sera ouvert au privé.

La déclaration vient une semaine seulement après les propos tenus par le recteur de l'université, M. Tahar Hadjar, qui voulait, à bien saisir la teneur de sa sortie, enclencher un processus de privatisation du secteur. Visiblement tenté par l'expérience de privatisation, Hadjar suggérait aux différents acteurs de «ne pas avoir peur». Mais voilà que le premier responsable de l'enseignement supérieur va à contre-courant, en soutenant «l'imprivatisabilité» de l'université algérienne. Le système LMD (Licence, Master, Doctorat) introduit au début de l'année universitaire 2003/2004, a été évoqué par le ministre et les directeurs d'établissement. Harraoubia estime que des parties mènent un travail «malsain» qui vise à discréditer le système. Un système qui a besoin, selon lui, d'assez de temps pour que la communauté universitaire s'adapte à son fonctionnement et à ses exigences.

Au cours de cette rencontre d'évaluation, Harraoubia a qualifié de «réussite» la rentrée universitaire 2007/208, qui a vu 270 000 étudiants rejoindre pour la première fois les bancs de l'université. Le ministre a insisté auprès des doyens et recteurs pour réunir les conditions propices à un enseignement de qualité. Un vÅ"u très difficile à satisfaire compte tenu du sureffectif et du déficit de plus en plus important en enseignants qualifiés. A cela s'ajoutent les conditions pénibles qu'endurent les étudiants dans leur résidence universitaire.

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A propos de la post-graduation, le ministre a donné des instructions aux directeurs, définissant de nouveaux critères de passage à ce palier. Les instructions de Harraoubia vont-elles réhabiliter la «méritocratie» dans les concours d'accès à la post-graduation ?

Le terrain ne prête pas à l'optimisme devant les réseaux de corruption et de complaisance qui se sont tissés dans les bureaux des conseils scientifiques.

L'adaptation de la formation aux exigences du monde du travail a été soulevée durant cette rencontre. La question, si vitale soit- elle, comme le soulignent les chefs d'entreprise en quête de ressources humaines de haut niveau, mérite néanmoins un traitement plus scientifique. Car il est illusoire de prétendre adapter l'enseignement supérieur au monde du travail quand on procède par la suppression des filières techniques au niveau du secondaire.

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