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Cameroun: « Abattoir» - La gare routière, un capharnaüm


Cameroon Tribune (Yaoundé)
 

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Cameroon Tribune (Yaoundé)

17 Janvier 2008
Publié sur le web le 17 Janvier 2008

Diddi Aïssatou

Sur le site, on retrouve des bars, des agences de transport en commun, des laveries, des garages, le tout dans un désordre indescriptible.

De la musique assourdissante sort des bars installés le long de la voie. Des voyageurs entassés les uns sur les autres. Le véhicule prévu pour transporter cinq personnes au maximum en porte plus d'une dizaine. Nous sommes à la gare routière pour Mbankomo, Akono et autres villages des environs. Seulement depuis quelques mois que cette gare est installée aux environs du marché « Abattoir », elle pose de plus en plus de problèmes. Cette gare a été installée là, suite au déguerpissement des agences de transport alors installées à Olezoa « Trois statues » par la Communauté urbaine de Yaoundé.

Si les agences de transport ont déménagé ainsi que les laveries, une dizaine de bars se sont joints à elles sur le nouveau site. « Nous avons une autorisation de nous installer ici, de la Communauté urbaine », affirme Eric Zegue, un tenancier de débit de boisson. Dans ce débit de boisson, des personnes sont assises, consommant leur bière tout en regardant la télévision. Une chaîne musicale internationale diffuse du rap, une musique jeune. Mais ici, on peut parler et se faire entendre facilement. « Le patron exige que nous diffusions de la musique avec un volume raisonnable », confie Eric. Tout juste à côté, un disc-jockey diffuse du bikutsi, mais sa porte est fermée. Le bruit occasionné par cette musique ne semble pas perturber tout le monde. « Je ne vois pas en quoi le bruit gêne. Il met juste un peu d'ambiance, sinon le coin serait trop calme », déclare Majolie Sindeu, une voyageuse. Mais ils semblent oublier que des bureaux sont à proximité.

La proximité des bars est aussi un inconvénient. Il est courant pour un chauffeur de faire un tour dans un bar avant de prendre la route. L'un d'eux le confirme. « Je ne peux pas prendre la route sans consommer au moins une bière, sinon je ne suis pas à l'aise », confie un chauffeur d' « opep » sous anonymat. Mais certains tenanciers de bars, vous disent : « on ne sert des boissons alcoolisées qu'à ceux qui reviennent de la brousse ». Dans ce capharnaüm, les seuls qui se mettent en ordre sont les chauffeurs de bus et d' « opep », qui se mettent en rang pour ramasser les voyageurs.



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