Libération (Casablanca)

Maroc: Terrorisme - L'étau se resserre autour d'Alger

Nouri Zyad

22 Janvier 2008


Alger ne sait plus où donner de la tête. Rien ne préoccupe le gouvernement ces derniers temps plus que la question du terrorisme.

Les décideurs d'Al Mouradia avaient beau oublier la présence d'un tel phénomène sur leur sol, il a fini par les rattraper.

Ils se sont trouvés enfin face aux pressions populaires concernant la politique suivie en la matière, mais aussi celles exercées par les grandes puissances.

L'on a constaté ainsi un manquement de la part du gouvernement à ses responsabilités en matière de lutte contre le terrorisme. Pour les autorités algériennes, il s'agit d'une provocation qui vise à hypothéquer la souveraineté de l'Etat algérien. La démarche de Ban Ki-moon, selon Alger, rentre dans le cadre d'une punition d'Alger sur « ses positions au sein de l'Opep et son indépendance en matière de politique internationale ».

Dans les faits, il y a lieu de signaler la décision des Nations unies de dépêcher une commission d'enquête visant à établir la vérité sur l'attentat d'Alger du 11 décembre, qui a coûté la vie à 17 employés du Haut commissariat aux réfugiés.

Refus catégorique de la part d'Alger. Selon plusieurs sources onusiennes, les autorités algériennes n'ont rien fait pour protéger le siège du HCR et ont même omis de répondre aux appels de construire un mur de clôture autour de ce siège, selon l'une des veuves de l'un des responsables tués dans l'attentat.

L'autre revers essuyé par le voisin de l'Est est ce communiqué rendu public vendredi dernier par l'ambassade des Etats-Unis à Alger conseillant à ses employés et à l'ensemble des ressortissants américains de réduire leurs mouvements, à cause de menaces sérieuses d'attentats.

Le communiqué était, on ne peut plus clair dans sa mouture. "En réponse aux signes persistants de possibles attentats à Alger, l'ambassade a demandé à ses employés d'éviter tout déplacement inutile autour de la ville jusqu'à nouvel ordre, n'excluant pas par la suite d'ordonner une restriction totale des mouvements".

Plusieurs observateurs algériens mettent en cause la loi de la concorde nationale. Et puis, l'Etat n'avait pas eu d'égard envers les patriotes qui se sont, quelque part, sentis trahis, après de grands sacrifices consentis pour que les terroristes ne prennent pas en main leurs villages.

L'un des exemples patents de l'échec de cette politique de concorde est le cas du terroriste Mohamed Seddouki, chef du GIA actif entre 1999 et 2002. Après son arrestation en 2002, il a bénéficié de la même loi pour être libéré avec d'autres.

Il n'a pas trop attendu pour rejoindre ses anciens acolytes et reprendre ses activités terroristes. Sa première opération a été l'attaque menée contre le transport des employés de la compagnie américaine BRC à Bouchaoui. Comme Seddouki, il y en a plusieurs. Une refonte de cette stratégie est plus que nécessaire.

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