Libération (Casablanca)

Maroc: Chute da la Bourse de Casablanca - La prudence reste de mise

Editorial

24 Janvier 2008


Pour la première fois de son histoire, la Bourse de Casablanca subit une forte correction baissière, dans le sillage de la chute historique des principales places boursières internationales.

Ce qui s'est passé en ce début de semaine n'est pas anodin. Tout le monde en parle. Le violent décrochage des marchés actions est révélateur de la plus grave crise financière mondiale jamais vue depuis celle de 1929. En une seule journée, celle du lundi, plusieurs centaines de milliards de la capitalisation boursière sont partis en fumée. Il s'agit, bien entendu, de l'argent des épargnants, des petits porteurs d'actions. On ne va pas s'éterniser sur cette journée noire du lundi 21 janvier 2008.

En revanche, La chute de la place de Casablanca semble un peu anachronique. Tout le monde s'interroge devant l'ampleur des pertes subies, en deux séances consécutives, lundi et mardi. Même si le marché semble se reprendre, ce mercredi, la question demeure: Est-ce que la baisse est derrière nous ou devant nous? Difficile de répondre. Mais, il est clair que, dans le contexte de crise -une crise qui s'invite un peu partout- la situation est gravement floue. Tout dépend du comportement des investisseurs étrangers. Si jamais ces derniers décident de liquider leurs positions sur le marché casablancais pour compenser les pertes subies ailleurs, il sera difficile de voir le marché rebondir dans les mois qui suivent. Le trou sera si grand et la marge de manoeuvre des institutionnels ne permettra pas de le colmater rapidement.

On n'oubliera jamais le coup de Soros. Ce gourou de la finance, par un simple passage éclair, au milieu des années 90, au temps de la Financière Diwan et de la privatisation de BMCE Bank, a laissé derrière lui un large cratère. C'était le début. Un début difficile pour une bourse qui manquait vraiment de profondeur.

Mais rassurons-nous. La Bourse de Casablanca, dont la capitalisation boursière s'élève à quelque 600 milliards de DH, semble aujourd'hui plus immunisée contre ce genre de tripatouillage boursier. De plus, la part des investissements étrangers, qui totalise plus de 125 milliards de DH (chiffres de 2006) représente moins du quart de la capitalisation.

Autre élément positif: 90% des investissements étrangers sont des participations stratégiques (notamment Arcelor qui détient 65% de la Sonasid, ou le Groupe français des caisses d'Epargne qui détient la moitié de Massira Capital, holding contrôlant 70% du CIH).

Quant aux MRE, leur participation est évaluée à moins de 350 millions de DH (d'après le rapport 2006 du CDVM). Certes, leur participation va en s'amenuisant, mais là c'est une autre paire de manche.

On peut en conclure, qu'en théorie, rien ne viendrait bousculer la sérénité du marché boursier casablancais. Mais, attention, les perspectives ne sont pas bien dégagées et l'économie mondiale reste fortement plombée par les défaillances des prêts «subprime».

Liens Pertinents

Les USA, le pays le plus puissant de la planète, vivent aujourd'hui l'une de leurs plus graves crises financières. Cette crise, avouons-le, est en train de se transmettre aux pays européens. Pour nombre d'économistes et analystes financiers, nous ne sommes pas dans une crise type 2001 (l'attaque du 11 septembre) avec rebond rapide de l'économie. A l'époque, le paquet fiscal (à l'image de celui de 140 milliards de dollars annoncé par Bush vendredi dernier) a fonctionné car les Américains ont réinjecté massivement l'argent distribué dans le système, affectant les fonds à la consommation durant les six mois qui suivirent. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. La consommation US est tout simplement tétanisée. Les Américains sont surendettéset sont donc dans l'incapacité de consommer. «Le paquet fiscal de Bush ne se transformera pas en consommation pour soutenir l'économie. Les ménages prendront cet argent pour rembourser leurs dettes. C'est très différent», commentent les analystes de l'Agora.

Mais, jour après jour, le pessimisme semble laisser place à l'optimisme. Est-ce suffisant de ne pas rester vigilant? La prudence est de mise.

Be the first to Write a Comment!

Copyright © 2008 Libération. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.


SELECT
SELECT

Le top des actualités: Maroc

Ask Obama a Question