Cameroon Tribune (Yaoundé)

Cameroun: Rigobert Song Bahanag - « Nous n'allons pas sombrer »

S. P. E

24 Janvier 2008


interview

Rigobert Song Bahanag, capitaine des Lions Indomptables.

Le Cameroun a fait mardi dernier une entrée catastrophique dans la CAN 2008 en se faisant balayer par l'Egypte. Comment avez vous réagi à cette défaite sévère ?

Comme vous avez pu le constater on a été surpris. Pour la première fois dans l'histoire on a été mené par trois buts à zéro à la pause en coupe d'Afrique des nations. C'est des choses qui peuvent arriver en football même si c'est dur. On a eu trop de mal à gérer cette première manche. Mais par orgueil on a essayé de montrer que ce n'était pas le vrai Cameroun qui avait joué la première partie du match. On a laissé l'adversaire développer son jeu et on l' a payé cash. Trois buts pris en première manche c'était lourd et il était difficile de revenir au score.

Il faut maintenant oublier ce qui s'est passé et se projeter sur les deux prochains matches. Du match face à l'Egypte, il ne va rester que des souvenirs, un peu triste c'est vrai, mais rien de plus. Dans tous les cas, l'Egypte nous cause toujours des problèmes. Après la défaite, il ne reste que des mots et c'est toujours difficile de s'exprimer sur la question. Nous assumons tous cette mauvaise performance. Ce qui est important aujourd'hui c'est de regarder l'avenir. Il y a encore deux matches sur lesquels nous n'avons plus de joker, il faut se jeter dans la bataille ;

Pour justifier, mieux expliquer votre défaite, on évoque votre mauvaise préparation. Dix jours de regroupement est-ce assez pour remporter la CAN ?

Je vous ai dit précédemment qu'après chaque défaite, il ne reste que des mots. En ce qui nous concerne, je ne peux pas dire qu'on s'est mal préparé. On s'est réuni pendant un dizaine de jours pour travailler et nous avons donné le meilleur de nous-même. Je pense que pendant ce laps de temps, les techniciens ont eu le temps de jauger chaque joueur pour faire la sélection finale. C'est vrai que lors des périodes Fifa, on n'a pas toujours joué des matches. Mais, il faut dire que pendant longtemps, nous n'avions pas de coach. Donc ces manquements ne sont pas imputables à l'encadrement technique. On aurait effectivement pu profiter de certaines périodes Fifa pour asseoir les automatismes de l'équipe. Mais aujourd'hui, l'heure n'est pas aux crtiques vis-à-vis d'untel. Je pense que l'encadrement technique actuel donne le meilleur de lui-même au regard du temps qu'il a eu devant lui. De toutes les façons, c'est nous les joueurs qui étions sur le terrain et nous assumons notre défaite. Maintenant, il faut réagir et montrer à tout le monde que le Cameroun reste une grande équipe

Personnellement êtes vous satisfait de votre rendement ?

C'est difficile de pouvoir s'apprécier. Mais face à l'ampleur du score pour un défenseur c'est encore plus dur. Dans tous les cas, c'est le collectif qui prime. On retient que c'est l'équipe du Cameroun qui n'a pas été à la hauteur.

La claque étant consommée, quel est l'état d'esprit du groupe ? Est-ce que vous vous êtes parlé entre vous ?

Bien sûr, qu'on s'est parlé. En tant que capitaine, j'ai pris la parole dans les vestiaires et j'ai parlé aux gars. Ils étaient abattus et je n'ai pas apprécié. Ce n'est pas le moment de baisser les bras. Je comprends qu'on venait de prendre une gifle, mais il nous reste deux matches. Pour nous la compétition commence. Mais c'est difficile de le faire comprendre aux jeunes qui débutaient la CAN. De plus, le match était très attendu et ils voulaient se montrer. Prendre quatre buts, c'est dur. Mais il faut oublier et grandir très vite. Maintenant que les choses ont mal tourné, il faut que nous soyions solidaires dans la défaite. C'est le message que j'ai tenu à mes coéquipiers. Aujourd'hui, il faut protéger les jeunes et préserver l'harmonie du groupe. Nous ne sommes pas découragés et nous allons nous relever.

Votre message pour vos supporters est en somme un message d'espoir...

Je pense que nous avons perdu une bataille, mais pas la guerre. Le peuple à toutes les raison du monde d'être déçu. Mais c'est le sport. Il faudrait garder les aspects positifs de notre match face à l'Egypte. En deuxième manche, nous avons démontré que nous pouvions réagir. Plus que jamais nous avons besoin du soutien de nos supporters. D'ores et déjà, nous avons bénéficié de celui du ministre des Sports et de l'Education physique qui est auprès de nous. Par ailleurs, nous avons reçu celui du Premier ministre, chef du gouvernement et de son épouse qui nous ont appelés après le match pour nous encourager.

Ce sont des marques de soutien qui donnent plus de courage à un groupe pour se surpasser. Le rôle des leaders de l'équipe est de mettre les jeunes en confiance. Nous nous y employons et le peuple peut être rassuré que nous ne sombrerons pas sans nous battre énergiquement. Il nous reste deux matches, et nous allons jouer pour les gagner.

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