26 Janvier 2008
Kinshasa — Reinhard Fabisch, coach du Bénin, affirme avoir été approché pour perdre le match perdu contre le Mali lors du premier tour de la Coupe d'Afrique des Nations. Un match qui s'est joué sur un penalty ! Reinhard Fabisch, l'entraîneur du Bénin, a avoué avoir été approché par un homme pour arranger le résultat du match opposant sa formation au Mali.
L'Allemand déclare qu'un homme lui a demander de perdre la rencontre qui s'est soldé par une victoire des hommes de Jean François Jodar (1-0 sur un penalty en deuxième période). Reinhard Fabisch va donner à la Confédération Africaine de Football le nom et le numéro de cet homme qui lui a dit représenter une entreprise basée à Singapour. «Il voulait savoir si j'avais la possibilité de manipuler le match», a déclaré Fabisch à la BBC qui lui a répondu «Vous avez deux minutes pour quitter l'hôtel ou j'appelle la police». Reinhard Fabisch a déclaré avoir prévenu ses joueurs qu'il avait été contacté pour balancer la rencontre.
L'homme noir a abordé l'entraîneur du Bénin samedi, deux jours avant la rencontre qui a été largement dominé par le Mali malgré un Bénin accrocheur. «J'ai été stupéfié qu'il ait les tripes d'approcher un Allemand pour arranger un match, je l'ai cassé rapidement et lui ait demandé de partir. Il n'aide pas le football», a ajouté l'entraîneur. «Je crois que les joueurs africains sont vulnérables car beaucoup gagnent peu d'argent. C'est pourquoi un pays comme le Bénin est visé», a-t-il conclu. La menace de la corruption plane désormais sur la Coupe d'Afrique des Nations 2008...
LIONS INDOMPTABLES: L'HEURE EST GRAVE
La défaite de mardi soir a heurté de plein fouet la sérénité autour de l'équipe nationale.
C'est Otto Pfister qui semble le plus marqué par la retentissante défaite de mardi dernier face à l'Egypte. Ce mercredi matin, au lendemain du match cauchemar, le coach est touché, c'est clair. C'est un homme visiblement atterré, qui prend tranquillement place dans le bus qui va bientôt conduire les joueurs à leur lieu d'entraînement du Wesley College de Kumasi. Le sélectionneur national est sans voix, et son regard lancé vers ces dizaines de journalistes et de supporters semble chercher du réconfort. Il n'en trouvera pas. Parce qu'en face, ce sont plutôt des réponses attendues. Un vrai dialogue de sourds.
Quelques minutes plutôt, les joueurs se sont engouffrés dans le bus les uns après les autres, sous les flashes des appareils photos. Chez eux aussi, c'est le même air grave, malgré les sourires apparemment décontractés de Jean II Makoun ou d'Alexandre Song Bilong. Les ministres Augustin Edjoa (Sports et Education physique) et Ama Tutu Muna (Culture) et Iya Mohammed, le président de la Fécafoot , logés en face, sont allés parler aux joueurs. Sur leurs visages aussi, se lisent encore clairement les stigmates du coup dur de mardi soir. Mais au bout du compte, il y a quand même l'exigence de se remettre rapidement au travail.
« Il faut garder l'espoir ». Paroles de Gweha Ikouam, l'adjoint d'Otto Pfister. Et voilà le bus qui s'ébranle, précédé de son escorte. La séance de décrassage se déroule toutefois selon une configuration un peu spéciale. Disons même révélatrice. Otto Pfister passe d'abord une bonne vingtaine de minutes, assis avec autour de lui, les cadres de l'équipe. Song, Njitap, Kameni, Eto'o, Atouba, Tchato, Idrissou, Epalle et Bikey discutent avec l'entraîneur alors que le reste de la troupe a commencé les exercices. Les mêmes seront ensuite pris en mains par le préparateur physique et ne rejoindront finalement pas le reste du groupe. Sinon dans le bus, après un exercice très décontracté.
Deux heures plus tard, les sourires reviennent sur presque tous les visages. Eto'o peut s'accorder une minute pour des photos avec les fans, Song signe quelques autographes, les autres répondent à une ou deux questions de la presse. Mais comme au départ de l'hôtel, Otto Pfister est reparti discrètement prendre sa place dans le bus, comme s'il ne tenait pas spécialement à se faire remarquer. Une réunion de crise était annoncée pour le début de la soirée autour du ministre des Sports et de l'Education physique. Et c'est bien la preuve que ce n'est plus tout à fait la sérénité affichée avant le premier match. Et qu'on s'attèle à la ramener rapidement.
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