29 Janvier 2008
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À l'opposé, en micro-finance, les méthodologies de crédit qui fonctionnent reposent, pour leur part, davantage sur le profil individuel : l'évaluation des crédits est centrée sur la volonté et la capacité des clients à rembourser, plus que sur les actifs pouvant être saisis en cas de défaut de remboursement. Même si certaines institutions de micro-finance prennent des garanties matérielles en dépôt, ces dernières constituent rarement le fondement de leurs décisions d'octroi de prêt. Cette approche centrée sur le profil individuel peut se mettre en pratique de plusieurs manières.
Presque toutes les institutions de micro-finance font des crédits de montants progressifs. Le premier crédit accordé est de faible montant, afin de minimiser le risque. Le remboursement régulier par le client des premiers crédits est aux yeux de l'institution une garantie suffisante pour augmenter le montant des crédits suivants. La motivation des clients à rembourser correctement repose essentiellement sur un contrat implicite d'accès à des services futurs : autrement dit, les clients prévoient une relation durable avec l'institution, qui leur donne non seulement l'assurance d'un accès aux crédits futurs, mais aussi celle de délais rapides (à cet égard, la micro-finance présente des similitudes avec le système des cartes de crédit).
Pour renforcer la motivation à rembourser, les meilleures institutions adoptent une attitude très stricte à l'égard des impayés ; elles font passer un message fort aux clients, indiquant que le non ou le défaut de remboursement entraînera non seulement l'interdiction d'accéder à des crédits ultérieurs, mais aussi de multiples embarras et difficultés liés à des mesures de recouvrement énergiques. Pour ceux qui ne sont pas familiers de la micro-finance, les mesures de recouvrement appliquées par les meilleures institutions de micro-finance peuvent paraître extrêmes, dans la mesure où elles peuvent aller jusqu'au harcèlement des clients en retard. Mais dans la plupart des pays, cette extrême rigueur s'est avérée nécessaire pour maintenir le respect des engagements contractuels et pérenniser des services à un type de clientèle risquée.
Les institutions de micro finance en Afrique en général et en RDC en particulier font preuve de dynamisme et affichent une bonne performance par rapport à celles d'autres régions du monde. Quoiqu'elles soient en tête au plan mondial en matière de mobilisation de l'épargne, leur performance financière globale est inférieure comparée aux autres régions du monde.
Le défi à relever par les institutions de microfinance africaines est encore énorme. Elles travaillent plus dans les zones rurales avec une infrastructure insuffisante entraînant des charges d'exploitation élevées. Les institutions continuent à rechercher les moyens d'accroître leur efficiente par le biais de meilleurs moyens de communication, de produits de prêts améliorés, de nouvelles technologies ou d'une combinaison de ces améliorations.
Les IMF non réglementées atteignent des clients plus pauvres mais présentent des coûts plus élevés et un volume d'opérations plus faible. Ces institutions doivent croître, se transformer ou fusionner avec d'autres institutions pour pérenniser leur opération. Les coopératives mobilisent plus d'épargne mais prêtent moins que d'autres types d'IMF et reste plus compétitives. Compte tenu de la rude concurrence sur le marché, les IMF sont appelées à innover et à offrir des services financiers de haute qualité pour retenir leur client et surtout à appliquer la transparence financière dans leur gestion.
CRISPIN MALINGUMU SYOSYO ASSISTANT UNIKIN ET ENAP-KIN
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