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Congo-Kinshasa: L'Afrique - nouvel horizon économique pour la Chine et l'Inde
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Le Potentiel (Kinshasa)
29 Janvier 2008
Publié sur le web le 29 Janvier 2008
Kinshasa
Les échanges Afrique-Asie se sont multipliés par trois en cinq ans
Les entreprises chinoises et indiennes sont de plus en plus actives en Afrique subsaharienne, et l'intérêt qu'elles portent à ce continent est bien plus qu'une simple ruée vers les ressources naturelles, indique un nouveau livre de la Banque mondiale.
Intitulé Africa's Silk Road: China and India's New Economic Frontier (La Route de la soie en Afrique : nouvel horizon économique pour la Chine et l'Inde), ce livre indique que les exportations de l'Afrique vers l'Asie ont triplé ces cinq dernières années, faisant de celle-ci le troisième partenaire commercial des pays africains (avec une part de 27 %) derrière l'Union européenne (32 %) et les États-Unis (29 %). Les apports d'investissement direct étranger de l'Inde et de la Chine ont également progressé : ceux en provenance de Chine s'élevaient ainsi à 1,18 milliard de dollars au milieu de 2006, indique l'étude.
L'ouvrage présente des données originales établies à l'échelon même des entreprises chinoises et indiennes présentes sur le continent africain, comme l'explique son auteur, Harry Broadman, conseiller économique à la Banque. Il a procédé pour cela à une enquête auprès de 450 firmes chinoises et indiennes à l'échelon de quatre pays - Afrique du Sud, Tanzanie, Ghana et Sénégal - et entrepris les premières études de cas en matière commerciale à être menées sur le terrain au niveau de 16 autres entreprises de la Chine et de l'Inde en Afrique.
Les nouvelles données laissent penser que les entreprises asiatiques commencent à se diversifier. Après les ressources naturelles et le pétrole, elles s'intéressent désormais à toute une gamme de secteurs, une tendance qui pourrait, selon M. Broadman, aboutir à ce 0que l'Afrique produise des produits plus avancés et aider ainsi la région à participer plus pleinement aux échanges internationaux.
« Il est certain que, si l'on prend un cliché de la situation actuelle, ce sont les ressources naturelles qui constituent de loin la plus grosse part des exportations de l'Afrique vers l'Asie », explique l'auteur. « Mais la nouveauté à ce niveau, c'est qu'il y a bien plus que le pétrole qui fasse l'objet d'investissements. Et c'est là une opportunité importante pour la croissance et la réduction de la pauvreté en Afrique, car ses échanges se sont concentrés pendant bien des années sur les produits primaires et les ressources naturelles ».
La publication de cet ouvrage intervient à la veille de l'ouverture des Assemblées annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale à Singapour, où les dirigeants du monde entier sont appelés à examiner toute une série de problèmes urgents qui touchent au développement et affectent, pour beaucoup d'entre eux, l'Afrique et les 300 millions de pauvres qui y vivent. Elle intervient aussi à un moment où sont unanimement célébrés les progrès accomplis par l'Asie, qui ont permis à 400 millions de personnes d'échapper à l'extrême pauvreté au cours des 25 dernières années.
Nombreux sont ceux qui se demandent si le même « miracle » peut se reproduire en Afrique subsaharienne et en Amérique latine. Bien que la progression des flux d'échanges et d'investissements de l'Asie incite à l'optimisme, M. Broadman avertit toutefois qu'il existe des asymétries majeures au niveau des relations économiques entre les deux régions. Les droits comparativement élevés que la Chine et l'Inde appliquent aux produits d'exportation de pointe de l'Afrique, ceux d'une valeur maximum, empêchent les pays africains d'exploiter totalement leurs marchés. C'est ainsi que les exportations de l'Afrique ne représentent que 1,6 % de celles que l'Asie reçoit du reste du monde.
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ÉCHANGES SUD-SUD
Les exportations africaines vers l'Asie ont augmenté annuellement de 20% au cours des 5 dernières années, et ont accéléré de 30% depuis 2003. La « montée en flèche » des activités commerciales et investissements asiatiques en Afrique représente l'amorce d'un changement dans la physionomie des échanges, souligne M. Broadman. Aujourd'hui, l'essentiel des échanges se situe au niveau Nord-Sud - entre l'Afrique et les pays développés d'Europe, le Japon et l'Amérique du Nord. « Mais ce qui se passe en Chine, en Inde et en Afrique s'inscrit dans la tendance à l'augmentation rapide des courants d'investissements et d'échanges Sud-Sud que l'on constate plus largement au plan mondial, et des échanges doublés entre pays en développement », dit-il.
Le commerce avec l'Asie engendre des produits d'un coût abordable pour les Africains, les Indiens et les Chinois, qui sont soit vendus en Afrique, soit exportés vers la Chine, l'Inde ou un pays tiers. Dans le même temps, de plus en plus d'entreprises chinoises et indiennes cherchent à fabriquer et à exporter des composants avancés, comme ceux produits par l'industrie des pièces automobiles en Afrique du Sud, pour le marché mondial. « Cela permet à l'Afrique d'accéder pour la première fois à ce réseau d'exportations mondiales de produits plus avancés fabriqués dans des pays tiers », indique M. Broadman.
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