Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: La Commission de censure frappe Wenge Musica Maison Mère, Wenge BCBG et DJ Ousama

JEANNOT NE NZAU DIOP

31 Janvier 2008


Kinshasa — L'immoralité, l'obscénité et autres anti-valeurs sont devenues la substance du message contenus dans les chansons des musiciens à Kinshasa. Et ces chansons passaient sur différentes chaînes de radio et de télévision dans des bars, boites de nuit et autres lieux de loisirs. Après une sorte de laisser-aller, la Commission de censure vient de réagir en frappant d'interdiction respectivement les chansons et cris de Wenge Musica Maison Mère, Wenge BCBG et le DJ Ousama originaire du Congo-Brazzaville. Ceci, par sa décision n°JUST & GC/CNCCS/001/2008.

Dans sa décision n°JUST & GC/CNCCS/001/2008, la Commission nationale de censure des chansons et spectacles vient d'interdire toute diffusion et présentation publique des cris : «Lidusu, towuta na lidusu, tokotaka na lidusu...» de l'orchestre Wenge Musica Maison-Mère de Ngiama Werrason, les cris «Kamata ngondo, ezo kota, ezo bima » et la chanson «Ya ko tia» de DJ Ousama qui se vend sur un support CD piraté, non original, avec huit autres chansons dites «Coupé décalé».

DJ Ousama, est d'origine congolaise de Brazzaville. Après la sortie de cette chanson, il a été arrêté et fouetté, pour avoir cité le nom du chef de l'Etat de son pays dans l'oeuvre censurée. Fugitif, il s'installe à Kinshasa. Et depuis, sa chanson est jouée partout, sans pour autant être déclarée à la Commission de censure.

Comme on le sait, la mission confiée à cette Commission est celle de veiller à la sauvegarde de l'ordre public et de bonnes moeurs dans les chansons, et dans les spectacles produits en public, ou à l'intention du public. Mais depuis un certain temps, les orchestres kinois se font de plus en plus vecteurs d'insanités de tout genre. Avec leurs oeuvres truffées de bêtises, chansons immorales et danses obscènes, qui sont généralement décriées par le public, la Commission nationale de censure ne pouvait pas ne pas réagir. Raison pour laquelle, le procureur de la République Manzala ma Ngo, directeur de la Commission, a pris la décision de condamner ces signaux destructeurs, critiqués par la population.

Par ailleurs, le président de la Commission nationale de censure et procureur de la République Manzala ma Ngo demande aux directeurs de programmes de chaînes de télévision et de radiodiffusion, aux tenanciers de bars, boîtes de nuit, et d'autres lieux de vulgarisation des clips et chansons, de ne plus jouer ces chansons. L'Inspecteur en chef de la Brigade de moeurs est chargé de l'exécution de la présente décision déjà en vigueur. La chanson a pour rôle d'informer, de former, d'éduquer et de distraire le public et mélomanes. Mais, ce n'est plus le cas à Kinshasa.

Car, les chansons et cris immoraux abrutissent le public, ultime consommateur des oeuvres musicales, qui a aussi le devoir de dénoncer les bars et autres lieux de diffusion des oeuvres prohibées, en vue de rééduquer les musiciens.

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