Mehdi Benomar
31 Janvier 2008
billet
C'est un printemps animé qui s'annonce pour les socialistes marocains, leur parti, l'USFP, vient en effet de décider de réunir son congrès national vers la fin mai. La formule adoptée étant de préparer "un congrès ordinaire dans un contexte extraordinaire".
Les événements sont allés un peu vite prenant de court un grand nombre de militants encore sous le choc de la piètre prestation de leur parti lors des élections du 7 septembre.
L'ensemble de la séquence ouverte avec le départ de Si Mohamed Elyazghi du poste de secrétaire général peut se lire comme un moment d'autocritique à ciel ouvert
Le conseil national a réussi à mener la barque évitant les dérapages que beaucoup voudraient voir emporter le plus grand parti de la gauche marocaine.
Il faut savoir gré ici à la sagesse de l'ex-secrétaire général qui a mis les intérêts du parti et de la nation au-dessus des calculs égoïstes.
C'est une leçon à méditer au moment où le parti s'est donné parmi les objectifs de sa rénovation, la réhabilitation de l'éthique dans l'action politique.
Le programme annoncé pour les quatre mois qui nous séparent des nouvelles assises du parti est ambitieux. L'expérience nous montre que sur beaucoup de questions délicates, il faut laisser le temps au temps pour parvenir collectivement aux positionnements appropriés et aux réponses adéquates. Le danger qui guette le nouveau départ du parti est de noyer les nouvelles idées généreuses de rénovation et de refondation dans une inflation de discours sans leur donner l'occasion d'être porté par un véritable élan mobilisateur. Il ne faut pas réduire le changement à un catalogue d'objectifs, à un large éventail de titres accrocheurs sans profondeur, ni ancrage dans ce qui fait la substance du parti. S'interroger sur notre identité socialiste est une entreprise de longue haleine. C'est un projet qui s'inscrit dans la durée; c'est un cheminement plus qu'un terminus. Le rendez-vous de Bouznika 2008 ne peut se comprendre que comme une étape dans ce long processus de refondation idéologique. Bien sûr, il s'agit de s'y mettre tout de suite en lui assurant les meilleures chances de réussite.
Par où commencer alors? Il me semble que la tâche urgente des Usfpéistes est de militer pour un climat d'apaisement politique au sein de leur parti; en finir avec cet état de guerre civile permanente qui mine l'action du parti et ruine toute velléité de reconstruction. La tâche quasi révolutionnaire aujourd'hui est de rassembler, refonder la maison USFP dans un climat de sérénité d'abord et de transparence ensuite. Transparence car en politique, il ne s'agit pas de pécher par naïveté. Il y a des intérêts, des ambitions, voire des contradictions tout l'art de la politique consiste à transcender ces contingences au bénéfice d'un projet commun. Voilà, le mot est dit, PROJET. C'est autour d'un projet clair et mobilisateur que les Usfpéistes peuvent signer un nouveau contrat collectif pour la poursuite de l'action de la transformation démocratique de la société et de l'Etat. Un contrat qui prend en compte la nouvelle réalité objective du monde. Cependant, il ne faut pas se leurrer, pendant que nous avons à réfléchir sur comment adopter une nouvelle stratégie pour non pas interpréter le monde mais le changer, et comment organiser nos divergences, la vie continue et il y a les élections locales qui se tiennent à moins d'un an de la tenue de notre congrès.
Que va-t-on proposer aux citoyens qui ne croient plus en l'action politique? Le parti doit se présenter non plus en simple machine à produire des candidats, mais comme une entité qui offre un horizon d'espoir; rappeler que la politique signifie aussi le droit de rêver
La tâche est ardue mais pas impossible; elle est complexe et non compliquée.
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