Fatou K. Sene
2 Février 2008
Des voix comme celles des Sénégalais Idrissa Diop et Julia Sarr et du saxophoniste camerounais, Manu Dibango, vont être entendues dans la prochaine production jazz du basiste Habib Faye, en plus des sons de la guitare traditionnelle Diola à trois cordes 'Ekonting' du jeune instrumentiste, Bouba Diédhiou. Cet album, dont la sortie est prévue courant 2008, vient quatre ans après, le premier Live in central Park.
Le bassiste en chef du Super Etoile, Habib Faye, fait les derniers réglages pour son prochain album jazz. Cette nouvelle production, dont la sortie est prévue courant 2008, verra la participation de beaucoup d'artistes de renom. Avec notamment le saxophoniste camerounais Manu Dibango dans le titre Diamba, le diminutif de Diambadong. Les Sénégalais Julia Sarr et Idrissa Diop marqueront aussi de leurs empreintes la nouvelle production, qui sera riche de sonorités Diola et Mandingue. Si Julia Sarr a fait tous les choeurs de cette deuxième production jazz du bassiste et un titre en featuring, Idrissa Diop a, quant à lui, chanté dans le morceau Dicko.
Mais celui qui a le plus marqué Habib Faye dans ce nouvel album, c'est le jeune instrumentiste Diola, Bouba Diédhiou. Ce jeune, découvert dans ses randonnées à la rencontre du folklore traditionnel, joue la guitare traditionnelle Diola appelée 'Ekonting', un instrument à trois cordes. Comme, l'explique l'artiste qui est allé puiser dans l'héritage musical de la Casamance d'où il est originaire et dans celui des Socé de Mbour. 'Il y a dans ces zones du Sénégal une richesse musicale extraordinaire', assure Habib Faye. Et en dehors des instruments comme le Xalam et la Kora qu'il a insérés dans son premier album jazz, Live in central park, produit en 2004, Habib Faye met dans ses nouveaux airs musicaux le Ekonting. L'idée est de 'faire émerger une nouvelle musique africaine en lieu et place du jazz'. Parce qu'il faut s'ouvrir aux autres musiques du Sénégal plutôt que de se limiter au Mbalax, selon Habib Faye. Même si, tous les morceaux du nouvel album ne sont pas encore choisis sur les dix-sept composés, l'artiste souligne qu'une partie est déjà enregistrée à Dakar et que l'autre sera enregistrée en France.
En attendant de retourner en France dans les prochains jours pour finaliser l'album, le bassiste va se produire ce week-end avec un trio de jazzmen africains, dont le guitariste Lionel Loueke du Bénin et Mokhtar Samba drums (Maroc) au Just 4U(samedi) et au Pen'art (dimanche). Habib Faye, qui organise au Sénégal chaque année l'événement 'Lives de Habib Faye', après avoir initié le Festival Sen events jazz à Paris, compte ainsi proposer une autre scène alternative aux Sénégalais. 'La musique populaire, c'est notre base, c'est pour cela qu'on est musicien', soutient le batteur marocain Mokhtar Samba qui vit en France. Mais, poursuit le Marocain, (qui prenait part à la conférence de presse du 'Trio magique', tenue mercredi dernier) il faut que 'l'on ait une alternative, que l'Afrique se rencontre souvent'. Mokhtar Samba estime que les musiciens africains, qui évoluent dans le monde, vont à la rencontre de différentes sonorités. Ils doivent se retrouver au niveau de 'la mère patrie' pour échanger sur leurs expériences respectives. Parce que 'l'Afrique est le socle de notre travail', soutient-il.
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