Abidjan — La rébellion tchadienne reproche à Idriss Déby et à ses proches la gestion approximative de la rente pétrolière.
La production nationale du pétrole tchadien est limitée. Mais, elle constitue une véritable manne pour ce pays, l'un des plus pauvres d'Afrique.
Pour Nicolas Sarkis de la revue Pétrole et gaz arabes, le pétrole joue un rôle «extrêmement important» dans le conflit du Tchad.
Dans ce pays aux ressources très limitées, pouvoir et opposition convoitent chacun la rente que représente l'or noir. Philippe Hugon, chercheur à l'Iris et spécialiste de l'économie africaine, est formel. «La rente pétrolière, soutient-il, a été partiellement détournée et gaspillée vers les investissements en armement et vers les fortunes personnelles des proches d'Idriss Déby. Les rebelles veulent leur part. »
Faut-il le noter, cette rente a fait l'objet d'un accord avec la Banque mondiale qui impose à N'Djamena d'en consacrer 70% au développement. En échange, elle envisage de financer un oléoduc de 1 000 km entre le puits de Doba et le port camerounais de Kribi.
Le gouvernement d'Idriss Déby n'a pas respecté ce seuil de 70%, en raison de ses dépenses militaires qui ont pris, entre-temps, l'ascenseur. Conséquence, l'année dernière, les principaux bailleurs de fonds s'étaient plaints.
Aujourd'hui, le Tchad produit 150 000 à 160 000 barils par jour et a des réserves estimées à 1,5 milliard de barils de brut. Par ailleurs, des experts jugent le sous-sol tchadien encore largement sous-exploité, avec de fortes probabilités de nouvelles découvertes pétrolières.
De quoi attiser des convoitises étrangères.
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