«Les signataires de l'Acte d'engagement honorent les accords qu'ils ont passés en dépit de quelques escarmouches dans le Nord Kivu ». C'est ce qu'a déclaré mercredi le porte-parole militaire de la Monuc, le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich, au cours du point de presse hebdomadaire de la Monuc.
« Des escarmouches ne sont pas synonymes de guerre, il peut s'agir des actes de criminalité de quelques hommes armés », a tenté de minimiser Kemal Saïki, porte-parole, qui répondait aux questions de la presse, tout en reconnaissant que ces escarmouches peuvent causer des morts ou des blessés.
Jean-Paul Dietrich a signalé des échanges de feu qui ont eu lieu le 29 janvier 2008 à Rushinga, à l'ouest de Kilolirwe et à Mohito, à l'Est de Masisi (Nord Kivu) entre les hommes fidèles à Laurent Nkunda et les Patriotes résistants Maï Maï de Pareco.
Et Kemal Saïki de renchérir qu'hier matin, des missions facilitées par la Monuc se sont rendues au Nord Kivu, à destination de Bunagana et de Rusthuru où des accrochages entre les hommes du Congrès national du peuple (CNDP) de Nkunda, le Pareco et différentes factions des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) ont été à la base de nouveaux déplacements de population. Le Haut commissariat de Nations Unies aux Réfugiés a déjà répertorié 2730 déplacés.
Reddition des Nkundistes et des FDLR
Le 30 janvier, 23 combattants et leurs dépendants se sont rendus à la force de la Monuc. Le groupe était composé de 4 combattants du CNDP, 11 combattants FDLR, et 8 dépendants. La Monuc poursuit également la formation des militaires FARDC dans les sites de Rwampara, Nyaleke et Luberizi.
Acte d'engagement, la Monuc désignée point focal
Parlant de l'Acte d'engagement, J.P. Dietrich a estimé que les signataires respectent leurs engagements dans le Nord Kivu. Saïki a pour sa part expliqué que les discussions ont eu lieu entre les autorités congolaises et les signataires des Actes d'engagement pour le Nord et le Sud Kivu, dans le cadre du suivi de la Conférence de Goma. La facilitation des contacts est assurée par la Monuc et la communauté internationale. Entre le 22 et le 31 janvier, les FARDC et tous les groupes armés signataires des Actes d'engagement reconnus le 23 janvier dernier à Goma se sont rencontrées régulièrement. Les responsables de ces groupes ont affirmé avoir émis des ordres formels de cessation des hostilités.
En ce qui concerne le Nord Kivu, les groupes armés ont unanimement accepté, le 31 janvier, de voir la Monuc devenir le point focal pour toute question liée au cessez-le-feu.
Dans l'attente de l'établissement des organes de suivi de la Conférence de Goma, il a été convenu que les informations relatives à la violation du cessez-le-feu ou toute autre menace soit rapportée directement à la cellule spéciale de vérification de la Monuc. L'information est donnée soit par téléphone, ou soit on informe la base des casques bleus la plus proche. Ensuite la Mission déclenche alors son dispositif de vérification d'urgence pour mener une enquête initiale dans les plus brefs délais. La Monuc recontacte la personne ou le groupe qui a alerté sur la violation du cessez-le-feu avant de convoquer une réunion pour examiner les résultats de son enquête en présence de toutes les parties.

Comments Post a comment