Le Messager (Douala)

Tchad: N'djamena accuse formellement Khartoum

Ndjaména — Au cours d'un point de presse, le Premier ministre tchadien a pointé du doigt le Soudan, tout en dévoilant la liste des pays ayant soutenu activement son pays dans la guerre. Le pays de Paul Biya a failli être oublié.

Le premier conseil ministériel depuis le début de la crise tchadienne s'est tenu hier jeudi 7 février 2008 dans le cabinet du chef du gouvernement, dans une atmosphère lourde. L'espace a été cerné par des éléments de l'armée tchadienne question d'éviter toute surprise désagréable. En dehors du ministre de la communication " en congé légal", tous les membres du gouvernement ont pris part aux assises. Devant une cohorte d'hommes de médias, le Premier ministre Nourradine Delwa Kassiré Coumakoye a fait le point de la situation.

Le Pm réitère que le Tchad a été victime d'une agression du Soudan. Après le retour au calme et le constat des dégâts causés par l'armée soudanaise et "ses complices à Ndjaména", le temps est aux mesures conservatoires. L'objectif étant de renforcer la sécurité et la quiétude du peuple tchadien. Aussi, le gouvernement a-t-il décidé d'instaurer un couvre feu (depuis hier) de 18h30 à 6h du matin dans la capitale tchadienne et dans près de dix autres villes du pays. Par ailleurs, le Pm invite tous ses compatriotes à regagner le pays. "Le calme et l'ordre public sont rétablis. Des dispositions sont prises pour leur retour au pays. Sur l'ensemble du territoire, la situation est maîtrisée nous contrôlons toute l'étendue du pays", jubile Coumakoye. En outre, il affirme que la machine administrative sera relancée dans de brefs délais. Les ministères pillés ou bombardés ont déjà été identifiés. Les auteurs des carnages vont répondre de leurs actes devant la justice. "Nous allons les débusquer où qu'ils se trouvent". Le Premier ministre avoue tout ignorer de l'information faisant état de l'arrestation des opposants politiques au régime d'Idriss Déby Itno au plus fort des affrontements. Ils renvoient la question aux soudanais déclarés "ennemis du peuple tchadien".

Les amis du Tchad

S'agissant du nombre de morts, le patron du gouvernement se refuse à "faire un bilan macabre". " Nous regrettons d'avoir détruit des êtres humains. Ce n'est pas de gaieté de coeur. Nous étions en situation de légitime défense. Ceux qui les ont conduit au cimetière doivent assumer leurs responsabilités". Les traits tirés, Kassiré Coumakoye a également donné la liste des pays ayant apporté une aide " matérielle, informationnelle ou morale déterminante" au pouvoir de N'djaména contre "l'agression soudanaise" : la Libye, la France, le Sénégal, le Gabon, le Congo Brazzaville, le République démocratique du Congo, la Centrafrique, l'Angola, le Burundi et le Burkina Faso.

Le Pm déclare que la liste n'est pas limitative. Mais, il n'a échappé à personne que contrairement aux autres, le nom du Cameroun n'a pas été cité dans le propos liminaire du Pm. c'est dans la phase des questions-réponses que notre pays a été remercié pour son concours appréciable en faveur des "concitoyens tchadiens" dans la ville de Kousseri.


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