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Sénégal: un pantalon à 20 000, une chemise à 15 000 francs cfa
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Wal Fadjri (Dakar)
11 Février 2008
Publié sur le web le 11 Février 2008
M. Barry
A la question sur la disparition progressive des tenues traditionnelles africaines au profit des occidentales et de la cherté des modèles des couturiers ou couturières africains, Collé Sow Ardo a sa petite réponse. Elle estime qu'il ne faut pas confondre la production industrielle et la haute couture. D'ailleurs, elle fait remarquer que si elle se bat pour mettre en place son unité de production, c'est pour permettre au grand nombre d'acheter. Elle estime que si la haute couture est chère, c'est parce qu'il sort des ateliers peu de modèles. 'Ce qui ne nourrit même pas le créateur', témoigne-t-elle. Alors qu'avec une unité de production, on peut en sortir '1 000 modèles par jour'. 'C'est différent ! Ce qui permettra de sortir des chemises, des pantalons à des prix raisonnables pour tout le monde. Mais le créateur qui sort un modèle par jour, il le vend très cher parce qu'il va coûter 250 mille francs Cfa'.
Pour défendre sa chapelle, Collé soutient, toutefois, que 'les Africains ont les moyens de s'acheter un modèle de 250 mille francs Cfa parce qu'un costume ne coûte pas moins cher. Je veux que les Africains s'habillent 100 % africain parce que nous avons des modèles à proposer, des modèles que l'on peut porter en été comme en hiver. Mais on dit que nos modèles sont chers', avance-t-elle. Avant de dire : 'C'est pourquoi l'on veut se battre pour avoir nos unités de confection et produire des modèles en grande quantité'. Mais le marché africain de la mode est-il capable d'absorber une telle quantité ? 'Je me dis que le marché africain seulement nous suffit. Si l'on arrive à avoir notre marché africain, ce n'est même pas la peine d'avoir un magasin à Paris ou ailleurs', fait-elle savoir. Mais il ne s'agit pas de faire de la quantité sans tenir compte de la qualité. 'Il faut des quantités avec de bonnes finitions. En un mot la quantité avec la qualité. C'est pourquoi il nous faut des jeunes filles formées aux métiers de la mode', rassure la styliste.
Quelles conséquences sur la haute couture ? 'A côté, on fera des modèles de haute couture', répond la 'Princesse du pagne tissé'. Pour elle, si la haute couture est chère, c'est à cause du processus de fabrication qui est délicat et qui prend énormément de temps. 'Par exemple, le modèle que je porte (elle le désigne du doigt, Ndlr), c'est fait à la main. Ce sont des heures de travail qui ont été nécessaires pour le faire. Donc on ne peut pas bazarder ce modèle parce que c'est notre culture. Il y a des machines qui le font. Mais moi, j'aurais pu acheter des machines et faire faire ce tissu-là.
Conséquences ? Et nos tisserands demain ? Qu'est-ce qu'ils vont faire ? Ils ne vont pas trouver du travail parce qu'ils ne savent pas travailler avec l'ordinateur', plaide Collé Ardo Sow.
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