La Tribune (Algiers)

Algérie: Entre image et réalités

éditorial

Alger accueille les assises nationales et internationales du tourisme. Ces assises qui closent celles tenues dans les principales régions supposées être des pôles d'excellence touristique, sont censées enrichir et planter les premiers jalons de la stratégie de relance et de développement du tourisme en Algérie tracée par le Schéma directeur d'aménagement touristique (SDAT) à l'échéance 2025.

La rencontre de deux jours (demain et mardi) réunira les représentants des différentes filières du tourisme, partenaires étrangers, investisseurs, leaders d'opinion, experts, opérateurs et spécialistes de la communication. Du beau monde pour une réunion où ils parleront en connaissance de cause. Au final, de ces assises se dégagera le plan définitif de développement du tourisme qui sera soumis par la suite au gouvernement. Celui-ci a déjà débattu mardi dernier en conseil des modalités pratiques pour la conduite des projets prioritaires programmés et devant traduire dans les faits le choix du développement du tourisme dans le cadre de la mise en Å"uvre du SDAT, dont la phase de lancement (2008-2009). Ce schéma porte principalement sur la concrétisation des premiers pôles et villages touristiques d'excellence intégrés. Ce programme, affirme-t-on, repose sur l'assainissement de la situation du foncier au niveau des zones d'expansion touristique (ZET), la réalisation des aménagements liés aux infrastructures d'accessibilité, à l'extérieur de ces zones et la mise en place d'une nouvelle gouvernance touristique qui permettra la mise en Å"uvre des projets dans un cadre transparent et cohérent.

Telle qu'énoncée, cette stratégie ne peut que produire une image idyllique de l'Algérie et donner, par conséquent, toutes ses chances au pays de redevenir une destination touristique et au tourisme de devenir une «alternative» aux hydrocarbures. Il y a même un début de concrétisation. Des actions sont entreprises un peu partout à travers le pays pour la promotion du tourisme balnéaire, saharien, de montagne, de santé, culturel, vert... Mais, il reste encore beaucoup à faire et du chemin à parcourir, même plus que ce qui a déjà été accompli. La réalité du terrain montre que de nombreuses régions, pour ne pas dire la totalité, au potentiel touristique avéré n'ont réussi à développer qu'un segment de la filière qui est inopérant, en l'absence des autres maillons, interactifs et actants indispensables pour le fonctionnement de la chaîne. A quoi pourrait servir la plus attrayante station touristique, le plus confortable complexe balnéaire, ou le plus captivant site naturel s'il n'y a pas un aéroport, des routes, un hôtel digne de ce nom, des services... et inversement.

En fait, l'intersectorialité qui ne joue pas est le véritable maillon faible. Le tourisme ne peut aller si le reste des secteurs ne suit pas et/ou précède la marche. Un touriste juge et jauge un pays à l'accueil, dès son arrivée à l'aéroport où les commodités laissent à désirer, dans un café où il n'y a pas de toilettes, dans la rue sale, dans une gare où la ponctualité est inconnue...Ce sont ces «détails» qui rehaussent ou flétrissent une image, qui font du touriste un promoteur ou un détracteur.


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