Notre Voie (Abidjan)

Cote d'Ivoire: Interview

Fofana Brahima, DDC du candidat Laurent Gbagbo à Madinani : "La guerre est venue ouvrir les yeux à nos parents"

Madinani, situé dans la région d'Odienné, a été érigé en chef-lieu de département par le président Laurent Gbagbo. M. Fofana Brahima est le directeur départemental de campagne (DDC) du candidat Laurent Gbagbo de cette localité. Dans cette interview, il promet un succès éclatant de son candidat à l'élection présidentielle et explique comment la guerre a ouvert les yeux aux populations de Madinani et Séguélon.

Notre Voie : Monsieur le DDC, Madinani vient d'être érigé en chef-lieu de département par le président Laurent Gbagbo. Votre réaction ?

Fofana Brahima : Je crois que l'érection de Madinani en chef-lieu de département entraîne une satisfaction générale. La demande avait été faite depuis très longtemps pour que Nonholo, qui regroupe les deux sous-préfectures de Madinani et Séguélon, ait une certaine autonomie pour propulser son développement. C'est seulement en 2007 que le département a été créé par la volonté du chef de l'Etat, SEM Laurent Gbagbo, très soucieux du développement intégral de tout le pays. Nous pensons qu'avec cette érection en département, nous pourrons amorcer un nouveau départ, surtout quand on voit l'état de sous-développement du département. Nous ne pouvons que nous en réjouir. Nous remercions une fois de plus le président de la République.

Notre Voie : Quelles sont les nouvelles sous-préfectures créées dans le département de Madinani ?

F.B. : Il y a N'Goloblasso, qui dépendait de Madinani et la seconde sous-préfecture est celle de Gbogaha, qui était rattachée à Séguélon. Madinani et Séguélon ont donc été scindées en deux sous-préfectures chacune. Bien sûr que cela ne nous suffit pas. Nous en demandons davantage parce que le département de Madinani est très vaste. Il faut davantage rapprocher l'administration des administrés.

Notre Voie : Vous étiez récemment en mission sur le terrain à Madinani. De quoi s'agissait-il ?

F.B. : D'abord, il fallait aller prendre contact avec la population. Nous avons fait une première tournée au mois de juin, qui était une tournée d'exploration. Il s'agissait de faire l'état des lieux concernant spécifiquement le parti, le Front populaire ivoirien (FPI), dans le département. Cette tournée nous avait permis, à l'époque, de constater que vraiment la population avait envie de nous voir. Nous avons été surpris de l'accueil populaire et de l'enthousiasme des uns et des autres à nous accueillir. Nous avons été surpris parce que ce n'était pas le cas auparavant. La dernière mission avait pour but de rassurer davantage les populations en leur disant que le FPI est désormais présent pour les aider à impulser le développement grâce au projet de société et au programme de gouvernement. Nous revenons de loin. Les esprits ont vraiment évolué. Certes nous avons du travail à faire, mais nous avons de belles perspectives devant nous.

Notre Voie : Comment se porte le FPI aujourd'hui à Madinani ?

F.B. : Le FPI se porte merveilleusement bien. Lors de la première tournée, nous avons été surpris de voir des villages entiers organiser des danses folkloriques pour nous recevoir. Partout où nous sommes passés, c'est l'engouement pour le FPI. Les gens nous rejoignent par dizaines et par délégations entières. Ils nous disent qu'ils s'étaient trompés et que le FPI, à travers le président Gbagbo, est vraiment le bienvenu. Ceci dit, il nous faut être constamment présent sur le terrain pour transformer cet engouement en action militante, pour que le FPI puisse prendre s'incruster dans le département de Madinani. Nous y travaillerons avec l'aide des aînés et des villageois.

Notre Voie : Au vu du constat fait sur le terrain, peut-on espérer un grand score pour le candidat Gbagbo à Madinani ?

F.B. : C'est une évidence. En tout cas, à travers ce qu'on a vu, ce qu'on a entendu, l'engouement des uns et des autres, le candidat Laurent Gbagbo, aujourd'hui, n'a pas de concurrent dans le département. Ce qui est sûr, c'est que notre candidat par vainqueur. C'est le taux qui nous préoccupe. À un moment donné, le parti nous a minimisés. On se disait "si on pouvait avoir 15%". Les gens ont raison parce qu'ils ne connaissent pas la région. A quelque chose, malheur est bon. La guerre est venue ouvrir les yeux aux uns et aux autres. Nous gagnerons les élections dans le canton Nonholo. Nous ne pensons même pas à un second tour. Actuellement, c'est la désolation totale dans la région. Tout a été détruit. Il n'y a plus de routes, de ponts, d'hôpitaux, d'écoles. Les cultures de rente, l'anacarde et le coton, qui faisaient tant espérer les populations, ne se vendent plus. Même les ignames que nous produisions en quantité énorme ne se vendent plus, puisque les fonctionnaires ont quitté la zone. La paupérisation a gagné du terrain. Les gens nous suppliaient de dire au président Gbagbo que lui seul peut les sortir de cette léthargie. Les adversaires ont compris qu'avec Gbagbo au pouvoir, c'est l'espoir. C'est pourquoi ils ne lui ont pas permis de développer son programme de gouvernement. Les populations ont maintenant compris que les autres ne sont que des vendeurs d'illusions. Nous ferons en sorte que chacun dise "tiens, on s'était trompé sur le compte du FPI de Gbagbo", parce qu'il a de la suite dans les idées.

Notre Voie : On parle d'une visite probable du président de la république dans la région. Quelles sont les attentes des populations ?

F.B. : Nous nous réjouissons de ce que notre région soit au programme des visites d'Etat. Les populations du Nonholo attendent le président de la République pour lui témoigner leur affection, leur reconnaissance et leur espoir. Elles veulent lui dire qu'on peut se tromper, car il y a eu de l'intoxication et de la désinformation. Tout cela été une propagande nulle et vaine. Gbagbo est passé par là en 1991. Quand il repassera, il verra ce que la région est devenue. Nos doléances porteront sur l'eau potable, l'électricité, les routes, les ponts et le prix des cultures vivrières. Nous battrons le record d'affluence dans le Denguélé. Les populations feront de cette visite une fête, car à Madinani, nous ne faisons pas les choses à moitié. La guerre est finie. Nous attendons maintenant le développement. Que ceux qui nous ont mis dans la situation actuelle aient le courage de dire "on s'est trompé. Ce n'est pas ce que nous voulions". Que les élections aient lieu afin que nous les gagnions proprement pour fermer le bec à tout le monde.


Copyright © 2008 Notre Voie. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire — ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 130 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations d' AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

Comments Post a comment