L'Express de Madagascar (Antananarivo)

Madagascar: Shao Boana présente une autre facette

Hernan Rivelo

15 Février 2008


Le fervent militant de la ragga dance hall sera en concert au CCAC le vendredi 22 février. Une nouvelle occasion pour apprécier son talent.

Pour Shao Boana, tout semble repartir dans le bon sens. En décembre, à travers New Scene de la RTA, l'enfant terrible du rap majungais a déjà eu l'honneur de clôturer la saison 2007 aux côtés des rappeurs les plus en vue dans la capitale, à l'instar des Raboussa, Karnaz, Ngah'B, etc...

Ce vendredi 22 février à 19 heures, l'honneur lui revient encore d'ouvrir la saison 2008 de Mozika vaovao, le créneau du Centre culturel Albert Camus dédié à la nouvelle tendance musicale, essentiellement urbaine.

Cette fois-ci, c'est un tout autre Shao Boana. En une heure et demie de prestation baptisée "Masoava" (soleil), il présentera son approche, à lui, approfondie de la musique urbaine.

Si avant, l'artiste a toujours été inspiré par un ragga dance hall pur et dur, presque à la puritaine occidentale, les trois ans de recherches qu'il a menées l'a conduit vers une approche plus «terroir» de son style.

Décidement, Shao Boana s'est mis à se rapprocher des jijy, du salegy, de l'antosy, baoejy, etc., styles et musiques ayant bercé son enfance sur la côte ouest de la Grande île.

Ainsi, pour la réalisation du prochain spectacle, il lui faudra toute une bande de musiciens inspirés. Ces derniers sont, pour la plupart, issus de différentes tendances musicales. Aux six cordes, Daddy, guitariste attitré du groupe de rock UXT, ainsi que le bluesy Pix de la «tribu» Io anay. A la batterie, un «tropical»en la personne de Jimmy de Hazolahy et de Din Rotsaka, soutenu par Neneh aux

percussions. Au clavier, Rotikall, le seul vrai rappeur parmi les musiciens. En effet, la combinaison laisse prévoir une grande fusion de la musique urbaine et ethnique.

Ligne rebelle

Manifestement, «Masoava» se veut plus électro-acoustique et plus léger, pour mieux laisser la nature «discours» du jijy, la poésie orale de l'Est que le chanteur veut particulièrement mettre en valeur. Ainsi, la guitare et les percussions s'imposent largement aux boîtes à rythmes.

Au niveau du texte, «Masoava» apparaît comme une lueur d'espoir, tout en gardant la ligne rebelle du chanteur. Et sûrement, il faut s'attendre à des surprises.

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