Les Echos (Bamako)

Mali: Coupe de bois à Kita - Une société chinoise accusée de déforestation

Amadou Waïgalo

21 Février 2008


Ceux qui ont pu séjourner ces derniers temps dans le cercle de Kita ont dû constater la présence d'une société chinoise spécialisée dans la coupe et la transformation industrielle de bois. Un ressortissant de Kita, sous le saut de l'anonymat, nous a donné l'alerte. Il se dit frustré et inquiet.

A en croire notre source, une vingtaine de remorques chargées de « bois d'ébène » quittent fréquemment notre pays. Une situation qui, selon lui, relève du paradoxe, car « au moment où on interdit les nationaux de s'adonner à la coupe abusive de bois, des contrats sont signés avec des étrangers. Pour quelles retombées pour les populations ? », s'est-il interrogé.

L'inquiétude de la population de Kita, est surtout liée, selon lui, aux problèmes environnementaux notamment la problématique de la régénération de la forêt et les raisons qui peuvent expliquer l'implantation de cette société chinoise au Mali, qui se bat contre l'avancée du désert.

Le ressortissant de la ville de l'arachide s'insurge aussi contre le fait que les Kitois sont obligés de subir le bruit des machines. « Pendant que des projets comme la GTZ ou le BIT investissent dans la conservation et la protection de l'environnement d'autres initiatives travaillent à saborder leurs actions » , a-t-il regretté.

Birama Diabaté, chef de division aménagement des forêts de la Direction nationale de la conservation de la nature (DNCN), explique que le principe est qu'on « ne peut exploiter sans un plan d'aménagement ». Selon lui, ce principe a bel et bien été appliqué au contrat que sa direction a signé avec des Chinois qui opèrent à Kita.

Pour M. Diabaté, cela correspond à un bon choix de type de coupe, à un endroit et au bon moment. « Cela veut dire que c'est une coupe qui respecte des normes environnementales, une coupe qui concerne un type de bois (Pterocarpus erinaceus). La coupe s'effectue aussi dans une zone bien délimitée dans le contrat », a ajouté le forestier.

Le chef de la division aménagement de la DNCN dit avoir bien compris l'inquiétude des Kitois, c'est pourquoi il pense « qu'il faut également faire de la sensibilisation auprès des entrepreneurs et du public en général et que la société reconnaisse le travail bien fait en récompensant les propriétaires, notamment les mairies et collectivités, qui font un bon aménagement ».

Il a attiré l'attention des populations, précisément les collectivités qui doivent, selon lui, s'approprier du projet tout en effectuant, comme le stipule le contrat, une certaine surveillance des opérations. « Des motos ont été achetées par les Chinois pour des agents de la mairie qui doivent superviser l'opération ».

Cependant, il reconnaît qu'après six mois d'exploitation, qu'il est urgent qu'une mission puisse se rendre sur le terrain pour en tirer les premiers enseignements de ce que fait l'entreprise chinoise.

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