L'Express de Madagascar (Antananarivo)

Madagascar: Les importateurs désemparés

Fanja Saholiarisoa

22 Février 2008


Les importateurs des substituts au lait maternel s'indignent face au nouveau code régissant la commercialisation du lait infantile. Ils devront changer de tactique pour vendre leurs produits.

Madagascar continue sa campagne de promotion de l'allaitement maternel exclusif. Le pays a recours à une mesure plus stricte sur la réglementation de la commercialisation des substituts au lait maternel.

« La sortie prochaine d'un décret sur la commercialisation de ces produits doit mettre fin aux pratiques courantes », explique le Dr Simon Rakotonirina, chef de service de nutrition au ministère de la Santé, du planning familial et de la protection sociale.

En même temps, le ministère de la Santé et l'Unicef n'ont qu'un souhait, celui de freiner le boom de la publicité sur les laits ou produits infantiles artificiels. « Ce décret n'entend pas interdire leur vente mais règlementer leur promotion commerciale », souligne Brunos Maes, représentant résident de l'Unicef, présent à cet atelier.

Ce décret ne fait pas l'unanimité car les fournisseurs ne sont pas satisfaits de son contenu. Beaucoup sont repartis désemparés, mercredi, à l'issue de l'atelier de validation dudit décret à l'hôtel Colbert. « L'Etat doit comprendre que nous ne sommes pas des concurrents de l'allaitement exclusif au lait maternel. Nous sommes une alternative pour les mères », souligne un des fournisseurs, participant à cet atelier.

Nouvelle étiquette

Le code exige que toute boîte de lait en poudre porte désormais une notification en malgache, rappelant aux consommateurs l'utilité de l'allaitement maternel. « Mettre une nouvelle étiquette sur chaque boîte dépendra de notre maison mère. Cela pourrait changer beaucoup de choses vu que Madagascar ne consomme qu'une moindre quantité de produits », ajoute le responsable commercial d'un fournisseur.

Mais le code se veut insistant. Chaque produit doit passer sous la supervision d'un comité de contrôle qui sera mis en place. Seul ce comité pourra donner son homologation sur chaque produit importé.

En attendant l'avis de leur maison mère, les importateurs malgaches sont obligés de signer le nouveau code transféré auprès du ministère de la Justice avant la version finale.

Publicité interdite auprès des mères

Le code international de l'OMS et de l'Unicef, adopté mondialement en 1981, stipule que toute publicité pour le lait artificiel et d'autres aliments pour enfants sont interdits. Les fournisseurs n'ont pas de contact direct avec les mères. Seul le délegué médical de la société fournisseur a le droit de donner des informations scientifiques auprès du corps médical, sans faire de la publicité. C'est au tour de ces personnes de donner aux patientes toutes informations utiles sur un produit, en évitant de l'obliger de les acheter.

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