Patricia NGO Ngouem (stagiaire)
25 Février 2008
Taximen, motos taxis, indexent en priorité le prix du carburant.
"Grève illimitée : ainsi a décidé démocratiquement la base !", déclarait hier dimanche Jean Claude Fouefack, secrétaire général du Syndicat national des conducteurs professionnels de taxi du Cameroun (Synacprotcam) au cours d'une réunion tenue au siège de la Confédération nationale des travailleurs du Cameroun (Cstc). Une rencontre qui avait pour but de "rendre compte à la base des conclusions du gouvernement au sortir de la réunion avec le ministère du Travail" jeudi 21 février dernier.
La rencontre d'hier regroupait ainsi les 14 syndicats de transporteurs signataires du préavis de grève ainsi que "la base" constituée des chauffeurs de taxi et autres. Et le verdict ne s'est pas fait attendre : "La grève !". Une décision approuvée par tous dans la mesure où "le gouvernement ne nous a donné satisfaction sur aucune de nos 6 doléances", explique Jules Nguetchou, président du Syndicat départemental des chauffeurs-ouvriers de transport urbain du Mfoundi (Syndcotum).
Ce qui provoque la grogne des transporteurs qui estiment qu'aucune de leurs revendications n'a abouti sur "rien de concret", et ce malgré les différentes concertations menées jusque là avec les pouvoirs publics. "Nous avons multiplié les rencontres avec le gouvernement : nous avons eu une rencontre élargie avec le ministère des Transports, du Commerce et du Travail. L'objectif ici était de trouver des moyens pour désamorcer cette crise entre les transporteurs et l'administration", soutient Jules Nguetchou. Une crise qui ne sera pas "désamorcée" si on s'en tient à la décision des syndicalistes d'entrer en grève ce lundi 25 février.
Revendications
D'après les concernés, plusieurs revendications ont été portées à la connaissance du gouvernement à travers leur préavis de grève lancé le 5 février dernier, des revendications liées aux conditions de leur travail. Malheureusement, des solutions n'ont pu être trouvées à leurs problèmes, raison pour laquelle les transporteurs ont décidé de durcir le ton en mettant leur menace à exécution. "Le gouvernement n'a pas tenu sa promesse : il devait baisser de 11Fcfa le litre de super et 5Fcfa devaient être ôtés du prix d'un litre de gasoil. A tout cela, il faut encore ajouter les tracasseries de la police et la Communauté urbaine !".
C'est donc pour faire entendre leur voix que taximen, camionneurs, conducteurs des agences de transports routiers ont décidé d'entrer en grève ce jour dans la ville de Yaoundé, alors que ceux de Douala sont en grève depuis samedi dernier. Une grève qui verra également la participation des motos-taxis. "C'est la première fois que nous entrons en grève depuis qu'on fait la grève au Cameroun", a affirmé Marcel Ndanga, président national des propriétaires et conducteurs de motos-taxis du Cameroun.
Ce dernier avance comme raison, l'augmentation du prix du carburant à la pompe. "Le litre de carburant est à 600Fcfa et les motos-taxis doivent reverser par jour 2500 à 3500Fcfa à leur patron. Il leur reste quoi pour vivre ?". "Trop, c'est trop ! Il faut qu'on entre en grève !", s'est alors exclamé un moto-taxi. La grève de ce lundi matin intervient alors même que les syndicalistes ont deux autres réunions prévues avec l'administration: demain mardi avec la Csph et mercredi avec la Communauté urbaine de Yaoundé. Réunion au cours desquelles "nous pourrions lever la grève si nos revendications aboutissent", a déclaré Jules Nguetchou au téléphone, au sortir d'une réunion des présidents des syndicats qui s'est tenue dans la soirée d'hier et dont le but était d'" élaborer les stratégies " à observer durant cette période. En attendant la première réunion demain, "lundi sera un jour sans taxi, sans travail", a conclu un syndicaliste.
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