Les prix alimentaires ont augmenté rapidement en 2006 et dans certains cas à un rythme encore plus rapide en 2007, a indiqué en novembre l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).
Cette agence de l'ONU explique que plusieurs facteurs contribueront à une hausse des prix continue au cours des années à venir: des prix plus élevés pour les produits pétroliers, les effets du changement climatique sur l'agriculture, ainsi que l'utilisation croissante du maïs et d'autres céréales pour produire des biocarburants qui a accru la demande de céréales. Ces prix plus élevés causent déjà "de gros problèmes d'accès cette année pour les populations de certains pays d'Afrique de l'Ouest," indique Henri Josserand, responsable du Système d'alerte rapide de la FAO.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) a aussi attiré l'attention sur l'effet de ces hausses. "Les coûts d'acquisition des aliments pour le PAM ont augmenté de 50 % rien qu'au cours des cinq dernières années" rapporte Josette Sheeran, Directrice du PAM.
Les pays qui dépendent d'importations alimentaires ont particulièrement souffert de ces prix mondiaux plus élevés.
Le gouvernement sénégalais a réagi en baissant les droits de douane sur les importations de blé, mais le prix du pain a néanmoins subi une hausse de 12 % sur la seule période d'octobre à novembre. Au Maroc, des augmentations similaires ont provoqué des manifestations contre la hausse des prix des aliments qui ont fait 50 blessés. Les meuniers du Botswana expliquent la hausse de leurs prix sur la farine de maïs et le pain par des coûts de production plus élevés dus principalement aux coûts des produits pétroliers et du blé qui sont importés.
A court terme, certains agriculteurs africains peuvent bénéficier de cette situation, note Mme Sheeran. L'augmentation de la demande a fait monter les prix des produits des autres cultures vivrières comme le manioc. Mais elle ajoute qu'une concurrence accrue risque d'entrainer l'augmentation des exportations de ces produits et de les mettre ainsi hors de portée de la bourse des populations locales les plus pauvres.
"Le prix des aliments étant à son plus haut niveau depuis des décennies, beaucoup de gens sont tout simplement exclus du marché des produits alimentaires, explique Mme Sheeran. Ces problèmes ne font pas l'objet de préoccupations suffisantes en Occident."
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