Le Pays (Ouagadougou)

Afrique: Femmes et enfants en zones de conflit

La Commission de l'égalité en genre, famille, jeunesse et personnes handicapées du Parlement panafricain a organisé du 20 au 22 février 2008 à Ouagadougou un séminaire sur le thème "Situation des femmes et des enfants vivant dans les zones de conflits".

Dix-sept recommandations ont été retenues lors de cette rencontre qui a permis à la vingtaine de parlementaires du législatif continental et de celui du Burkina d'échanger sur cette question d'actualité relative aux enfants et aux femmes.

Faire une évaluation de la situation des femmes et des enfants vivant dans les zones de conflits et surtout permettre à la commission de l'égalité en genre, famille, jeunesse et personnes handicapées du Parlement panafricain d'interagir avec les diverses parties prenantes exerçant sur le terrain dans ce domaine et d'appuyer les parlementaires dans leur rôle constitutionnel. Voici résumée la raison d'être du séminaire des 20 et 22 février 2008 de la Commission de l'égalité en genre, famille, jeunesse et personnes handicapées du Parlement panafricain, et pour lequel une vingtaine de parlementaires de ce législatif continental et de l'Assemblée nationale et une quinzaine de personnalités travaillant en faveur de la promotion des femmes et des enfants se sont retrouvés, à Ouagadougou.

Les travaux proprement dits, qui se sont déroulés les 21 et 22 février 2008 et auxquels a pris part la présidente du Parlement du Botswana, ont été marqués par 5 communications données par des experts. Elles ont été suivies d'échanges et de débats qui, à leur tour, ont permis de formuler des recommandations. Au nombre de 17, celles-ci ont été rangées dans 4 catégories. La première est le rôle du Parlement panafricain dans la protection des enfants, particulièrement dans les situations de conflits (3 recommandations) ; la deuxième les interventions des parlementaires pour améliorer la situation des femmes africaines vivant en zones de conflits (3 recommandations).

La troisième catégorie de recommandations est la protection des enfants soldats dans le cadre du droit international et des enfants en général vivant dans les zones de conflits en Afrique (7 recommandations). La quatrième et dernière catégorie regroupe des recommandations (4) relatives au rôle des parlementaires dans la prévention et la gestion des conflits. Dans le détail, certaines recommandations retiennent l'attention. Il s'agit par exemple de la nécessité pour tous les Etats de ratifier la Charte africaine des droits et du bien-être des enfants ainsi que tous les autres instruments relatifs à la protection de l'enfant pour prévenir les conflits.

Subsidiairement, il y a la recommandation faite aux femmes parlementaires de s'assurer auprès de leurs gouvernements respectifs que ceux-ci ont ratifié et mettent également en application le protocole de l'Union africaine sur les droits des femmes en Afrique. Autres recommandations dignes d'intérêt : l'application effective des conventions de Genève relatives à la protection de l'enfant, la réinsertion des enfants victimes des conflits armés, la promotion de programmes d'éducation à la paix dans les communautés et les écoles.

L'exhortation des Etats à renforcer les mécanismes judiciaires au niveau national, le renforcement ou la mise en place des mécanismes pour une meilleure protection de l'enfant sont aussi d'autres recommandations qui retiennent l'attention. On peut également relever d'autres recommandations comme le renforcement des programmes de prise en charge des victimes des conflits et des mécanismes au niveau de la justice pour lutter contre l'impunité ou celle faite au Parlement panafricain de travailler et de collaborer avec la société civile dans la prévention, la gestion et la résolution des conflits.

A l'ouverture de la rencontre dans l'après-midi du 20 février, la présidente de la commission de l'égalité en genre, famille, jeunesse et personnes handicapées, la député burkinabè Blandine Sawadogo, a relevé que l'organisation du séminaire entrait dans l'exécution du plan stratégique 2006-2010 du Parlement. La 2e vice-présidente de l'Assemblée nationale du Burkina, Maria Goretti Dicko/Agaleoué, a trouvé, dans son discours d'ouverture, que la rencontre venait à point nommé au regard de la situation préoccupante de l'Afrique sur le plan des conflits.

Des conflits dont 90% de civils font les frais particulièrement les femmes et les enfants, qui forment le gros lot des déplacés de guerre. Pour rappel, le Parlement africain a été créé en mars 2004 et a son siège à Johannesburg, en Afrique du Sud. Il est l'une des 9 institutions de l'Union africaine qui, en attendant d'être un pouvoir législatif, joue pour le moment un rôle consultatif, selon son secrétaire général adjoint, Dr Samuel Mbozo'o, qui a participé au séminaire de Ouagadougou. Il est animé par des élus, 5 par pays dont au moins une femme, provenant des différentes régions du continent. Le Parlement compte 10 commissions et tient 2 sessions ordinaires dans l'année qui ne doivent pas dépasser chacune 15 jours.


Copyright © 2008 Le Pays. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire — ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 130 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations d' AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

Comments Post a comment