Afrique: Le nouveau commandement militaire des É.-U. répond aux requêtes des Africains

Washington, DC — L'Africom cherche à contribuer à éviter les conflits, et non à intervenir dans les crises.

Le responsable du nouveau Commandement militaire des États-Unis en Afrique (Africom) s'est déjà rendu dans 30 pays du continent afin d'écouter ce que les dirigeants concernés ont à dire sur la façon dont les États-Unis peuvent appuyer les efforts qu'ils déploient en faveur de la stabilité et de la prospérité. Et ils ont surtout demandé aux États-Unis de les aider à déployer des systèmes de surveillance de leurs zones côtières, d'améliorer la sécurité maritime, de promouvoir un meilleur entretien du matériel et d'améliorer la logistique.

L'Africom n'est pas là pour militariser le continent ou ses nations insulaires, a affirmé son commandant, le général William « Kip » Ward, lors d'une allocution prononcée au Royal United Services Institute de Londres.

Ce commandement, tout comme ceux qui concernent l'Europe, le Moyen-Orient, le Pacifique et l'Amérique, a été créé pour coopérer avec les nations souveraines d'Afrique à l'appui d'objectifs communs.

« L'Africom reconnaît les liens qui existent entre la sécurité, la stabilité, le développement économique et le progrès politique » et agit par le truchement de la collaboration afin de ne pas nuire aux efforts déployés à la poursuite de ces objectifs.

Ce qui rend ce commandement différent des autres est sa structure. L'un des adjoints du général Ward, en effet, est une diplomate de haut rang. Il s'agit de Mary Carlin Yates, qui a déjà été ambassadrice des États-Unis auprès du Burundi et du Ghana.

Mme Yates sera responsable des activités civilo-militaires. Elle est d'avis qu'il est temps d'avoir un commandement militaire exclusivement consacré à l'Afrique, non pas pour répondre à une série de crises sur le continent, mais parce qu'une coopération américano-africaine durable est nécessaire.

Mme Yates et M. Ward ont donc fait une tournée dans le continent afin de s'informer des priorités africaines. De retour à leur quartier général installé à Stuttgart (Allemagne), ils évalueront ces requêtes avec des représentants des ministères des finances, du commerce, de la défense, de la sécurité intérieure et de l'énergie, ainsi qu'avec l'Agence des États-Unis pour le développement international, afin de voir ce qui est faisable en fonction du temps et des ressources. La particularité de ce commandement est qu'il cherche à intégrer et à mieux coordonner la participation des diverses agences publiques et celle des organisations non gouvernementales afin de répondre aux besoins d'aide dans les domaines de la sécurité et de la société civile.

L'objectif de ces déplacements, a déclaré M. Ward, est d'obtenir le point de vue des Africains sur ce qui se passe en Afrique.

L'Africom abordera un large éventail de missions qui pourront aller d'exercices militaires bilatéraux au renforcement des capacités militaires africaines afin que les pays concernés puissent plus facilement mener à bien des missions indépendantes.

La prévention des conflits est la clé du développement

M. Ward est d'avis qu'il est important de contribuer à créer en Afrique les conditions qui faciliteront la prévention des conflits. Il s'agit de recourir à la coopération pour améliorer la sécurité et le développement économique à long terme.

Par le truchement de l'Africom, les États-Unis écoutent, apprennent et ajustent leurs réactions en fonction des demandes, a-t-il précisé. Les responsables civils et militaires américains coopéreront avec leurs homologues africains de façon ouverte et transparente, établissant ainsi des relations de confiance et prouvant que l'Amérique est une partenaire fiable.

Il ne s'agit pas d'une sorte d'invasion américaine, a affirmé le général Ward : « Nous n'avons demandé à aucun pays africain d'abriter une quelconque partie de ce commandement. »

L'accent sera toujours mis sur la réalisation de programmes. Il sera peut-être nécessaire à l'avenir d'avoir un personnel modeste ou un centre logistique en Afrique pour faciliter la mise en Å"uvre des programmes, mais il ne s'agit pas de déployer des troupes ou des forces aériennes, a affirmé le général.

M. Ward a récemment visité l'USS Fort McHenry, qui est en route pour divers ports de l'Afrique centrale et occidentale avec un équipage composé d'Européens, d'Africains et d'Américains. Ce bâtiment est la pièce maîtresse de la nouvelle initiative baptisée Station partenaire de l'Afrique (Africa Partnership Station Initiative, ou APS), qui offre une formation aux marins africains tout en effectuant des missions humanitaires.

Les visites de ce bâtiment sont également l'occasion de répondre aux questions que l'on se pose fréquemment dans ces régions de l'Afrique :

- Pouvez-vous aider à former des marins aux tâches essentielles de sauvetage afin qu'ils puissent porter secours à leurs camarades blessés ?

- Pouvez-vous aider les mécaniciens de la marine à mieux entretenir les moteurs de petite taille ?

- Des vétérinaires peuvent-ils s'attaquer aux problèmes du bétail ?

- Vos médecins peuvent-ils se rendre à terre pour régler certains problèmes de santé ?

L'adjoint de M. Ward chargé des opérations militaires, le vice-amiral Robert Moeller, affirme que l'un des premiers défis que devra relever l'Africom sera d'aider ses partenaires africains à faire face à des maladies telles que le paludisme et le VIH/sida.


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