Les états membres de l'ONU devraient se mettre d'accord sur la définition de ce fléau
Depuis lundi dernier et jusqu'au 6 mars prochain, les représentants des pays membres du Comité spécial de l'ONU chargé d'élaborer une convention générale sur le terrorisme international sont en conclave au siège des Nations unies (New York). Ces derniers doivent aboutir à l'élaboration d'un document de référence sur le terrorisme international. Ils doivent également arrêter, à la fin des travaux de cette douzième session du Comité spécial, le principe et la date de la convention qui devrait être couronnée, sous les auspices de l'ONU, par une conférence chargée de définir la riposte de la communauté internationale face au terrorisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations.
Créé par la résolution 51/210 de l'Assemblée générale des Nations unies, le 17 décembre 1996, le Comité spécial est, aujourd'hui, soucieux de finaliser rapidement le texte de la Convention générale sur le terrorisme et de fixer le prochain rendez-vous pour la tenue de la conférence sur ce fléau international. Pendant les dix prochains jours, les participants à ces travaux s'attelleront notamment à fixer le cadre de ce nouvel instrument juridique des Nations unies et la portée de la future convention. Ce nouveau traité viendrait surtout compléter et renforcer le volet sécurité du sommet mondial de septembre 2005, la Stratégie mondiale de lutte contre le terrorisme adoptée en 2006 ainsi que le cadre juridique des nombreuses conventions sectorielles adoptées jusque-là par l'ONU sur le terrorisme. Mais auparavant, les participants à ces travaux devront se mettre d'accord sur la définition du terrorisme. Et c'est justement à ce niveau qu'est le problème car la question de la définition du terrorisme se pose fréquemment. Le plus souvent, la réponse semble être une impasse : Comment se mettre d'accord, si le «résistant» contre l'occupation est considéré comme «terroriste» par certains pays ? Les Etats peuvent-ils en fin de compte avoir la même perception du terrorisme ?
Pour les observateurs onusiens, cette session devrait pouvoir «adresser un message clair selon lequel la communauté internationale s'engage à s'unir dans la lutte contre le fléau du terrorisme», qui constitue la menace principale à la paix et à la sécurité internationales. Dans leurs premières interventions, plusieurs délégués ont fermement condamné tous les actes terroristes, se disant convaincus qu'aucun des motifs, même politiques, invoqués par les auteurs d'actes terroristes ne peut être justifié. Parlant au nom de l'Organisation de la conférence islamique (OCI), le délégué du Pakistan, repris par l'APS, a souhaité que le terrorisme ne soit associé nulle part à une religion ou à une culture, soutenant que la principale tâche du Comité était de s'accorder sur une définition commune du terrorisme et sur la portée des actes couverts par le projet de convention générale.
Plusieurs intervenants à la séance de lundi dernier ont, par ailleurs, insisté sur la nécessité de lutter plus efficacement contre les causes sociales à l'origine du terrorisme, de mettre fin au terrorisme d'Etat, de s'attaquer au terrorisme sous toutes ses formes et sous tous ses aspects afin d'éviter le recours à la politique de deux poids, deux mesures et de travailler en commun pour renforcer la coopération internationale à cette fin. S'agissant de «la politique de deux poids, deux mesures», des divergences existent déjà sur la définition du terrorisme. Lors de la réunion de la troisième commission de l'ONU portant sur la promotion et la protection des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, plusieurs délégations avaient mis l'accent sur «les effets négatifs de la lutte contre le terrorisme sur les minorités et les catégories de personnes vulnérables ou se trouvant dans des situations de crise telles que les personnes réfugiées, les déplacés à l'intérieur de leur propre pays, les demandeurs d'asile et les migrants».
Des questions persistent donc comme celle de savoir si la lutte contre le terrorisme peut justifier la guerre contre l'Irak, la menace contre l'Iran et la «gestion» du conflit palestino-israélien.

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