Le socialisme cubain va sans doute perdurer, mais il sera obligé de mettre de l'eau dans son vin.
Dimanche dernier, l'Assemblée nationale cubaine a donc décidé : c'est Raul Castro , le frère de l'autre qui conduira les destinées de l'île pour les cinq prochaines années. Et si cet homme de 76 ans continue dans la même lancée comme il le fait depuis 18 mois qu'il assure l'intérim, il y a peu de chance qu'il y ait un vrai changement, cependant certaines réformes seront nécessaires. C'est pourquoi à Cuba, on parle précisément de changement dans la continuité. Il pourrait sans doute y avoir un remaniement ministériel, offrant des potes aux plus proches collaborateurs de Raul Castro . Au cours des derniers 18 mois, un dialogue majeur s'est instauré au sein des syndicats et des organisations représentatives. Les gens ont été encouragés à parler librement sur les défauts du système cubain et à faire des suggestions pour l'améliorer. Les réponses ont été compilées de façon détaillée dans un rapport qui a été remis aux autorités gouvernementales. Les officiels ont alors promis que des changements progressifs seront effectués en rapport avec ces recommandations.
C'est ainsi que des restrictions sur les Cubains qui voyagent hors du pays pourraient être levées. Aujourd'hui, les Cubains ont besoin d'une permission et d'un visa de sortie pas du tout faciles à obtenir.. L'autre domaine susceptibles d'être réformé pourrait être la distribution alimentaire et l'agriculture. L'île ne produit pas assez de nourriture pour ses habitants, la rendant dépendante des importations alimentaires coûteuses. On s'attend donc à ce que l'agriculture intérieure s'intensifie, apportant une augmentation de la production alimentaire et une diminution des coûts à la consommation. Raul Castro a déjà reconnu la nécessité d'une réforme agraire.
En 2004, le président Bush avait renforcé l'embargo contre Cuba. Depuis lors, les exilés cubains basés aux Etats-Unis n'ont pu se rendre sur l'île qu'une fois tous les trois ans et n'ont pu envoyer des versements trimestriels que jusqu'à 300 dollars par foyer pour aider les membres de leurs familles. Auparavant, ils avaient le droit de s'y rendre une fois par an en d'envoyer jusqu'à 3000 dollars. Les restrictions sur les voyages pour les groupes éducatifs ou religieux ont aussi été renforcés. Les responsables américains espéraient que ces manoeuvres affecteraient la qualité de vie des Cubains mettant ainsi la pression sur le gouvernement cubain ; il n'en a rien été, apparemment.
Durant près d'un demi-siècle, Fidel CASTRO qui s'est voulu, avec son compagnon Ernesto "Che" Guevara, le champion de l'exportation de la révolution communiste en Amérique latine, mais aussi en Afrique et même en Asie, a tenu tête aux Etats-Unis. Dix présidents à la Maison Blanche n'ont pu en venir à bout, malgré un embargo économique draconien, une tentative ratée de débarquement d'anti-castristes à la Baie des cochons en 1961 et maints complots pour l'assassiner. Figure incontournable de la deuxième moitié du XXe siècle, Fidel Castro, dernier survivant de la génération des Nasser, Nehru, Tito, avait été élu symboliquement à la présidence du dernier sommet des Non-alignés à La Havane en septembre 2006.

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