L'Express (Port Louis)

Ile Maurice: Réceptif, un bassin d'emplois en puissance

Port Louis — Les activités émergentes liées au tourisme vert, comme les randonnées et la découverte de la faune, attire les jeunes guides.

Un secteur en croissance de 16 % ne génère pas des opportunités que dans les hôtels. Le réceptif (tour-opérateurs, agences de voyage), qui emploie actuellement quelque 5 000 personnes - cadres, guides, et autres responsables des relations publiques - gagnerait à être mieux connu. Car, avec les plages, l'autre atout de Maurice est le contact et la chaleur de l'accueil. Qualités qui sont le socle même des métiers du réceptif. Mais les jeunes ne répondent pas toujours à l'appel.

«Tous les touristes ne sont pas casaniers. Regardez la clientèle indienne. Une fois arrivés, ces 42 000 visiteurs qui passent en moyenne six nuits à Maurice, désertent l'hôtel et sont friands d'excursions», note Jeenarain Soobagrah, président de l'association des Inbound operators (Mauritius). Ce sont souvent des touristes intéressés par des offres hors package.

Il n'est pas si difficile de remplir les conditions de départ pour être formés ou embauchés. «Il faut au minimum un School Certificate. Nous accueillons aussi bien ceux qui terminent leurs études secondaires pour former des guides anglophones ou francophones», indique le directeur de White Sand Tours, Peter Goldsmith, qui a sa propre école de formation. On y acquiert les bases du métier - la manière de s'exprimer, l'accueil des clients - par des cours soutenus sur des mois. «La formation intéresse aussi des guides ayant déjà une expérience et désirant se parfaire», précise-t-il.

De fait, même les plus modestes opérateurs proposent des ateliers et autres cours, parfois rudimentaires, auprès de consultants, notamment en customer care. L'Ecole hôtelière offre enfin, dans le cadre du National Trade Certificate, une spécialisation dans le réceptif (Tourism inbound). Jeenarain Soobagrah souligne que dans le contexte actuel ce segment du tourisme offre suffisamment de débouchés pour être recherché par les jeunes. Pourtant, il rejoint Peter Goldsmith lorsqu'il remarque que le métier de guide demande une disponibilité de tous les instants. «Il faut être dévoué pour accepter d'être disponible sept jours sur sept.»

Toutefois, sans système d'overtime, ce métier est-il suffisamment attractif pour qu'un jeune qui a fait l'effort d'apprendre trois langues étrangères - «l'idéal» pour Peter Goldsmith - veuille s'y consacrer ? «On doit se dire que certains employés sont payés de commissions. J'ai constaté que nombre de ceux qui se laissent tenter par d'autres opportunités dans d'autres secteurs sont revenus vers ce métier par la suite.» Le réceptif n'échappe donc pas à la tendance à la grande mobilité de l'emploi qui caractérise le secteur hôtelier. Mais on ne se bouscule pas autant que pour les emplois dans l'hôtel. «Nous devons concéder que nous sommes loin de ce qui se passe chez nos voisins réunionnais, où les guides sont regroupés en syndicats et même diplômés de l'université», explique Jeenarain Soobagrah, qui nuance : «Dans les années 70, on n'insistait pas tant sur les diplômes que sur la connaissance générale et l'expérience des guides pour renseigner les touristes.»

Le secteur réserve aussi différents profils d'emplois. «Il y a ceux qui n'exercent que pour un temps déterminé, avec un groupe de visiteurs précis», dit Jeenarain Soobagrah. Les activités émergentes, comme les randonnées, escalades et autres quad biking, sont de caractère à attirer davantage les jeunes, observe Peter Goldsmith : «Certains veulent après un certain temps travailler dans les bureaux. A la réservation ou comme responsables des relations publiques.» Il existe donc de la place pour des professionnels bilingues qui ont un goût du contact, une bonne ouverture sur le monde. «A l'intérieur d'une petite structure, comme dans une véritable entreprise, vous pouvez finir directeur», conclut Jeenarain Soobagrah.


Copyright © 2008 L'Express. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire — ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 130 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations d' AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

Comments Post a comment