Kinshasa — Méningite en Afrique : faible activité jusqu'à présent
Les rapports préliminaires de 13 pays africains en surveillance renforcée de la méningite par l'OMS font état d'une faible activité de cette maladie entre le 1er janvier et le 10 février 2008. Le communiqué de l'OMS sur le sujet, indique que les chiffres présentés sont de 29% inférieurs à ceux de la période correspondante de six semaines en 2007.
13 pays africains font l'objet d'une surveillance saisonnière renforcée de la méningite par le Centre de Surveillance Pluripathologies (CSPP) de l'OMS basé à Ouagadougou (Burkina Faso). Il s'agit du Bénin, du Burkina Faso, du Cameroun, de la Côte d'Ivoire, de l'Éthiopie, du Ghana, du Mali, du Niger, du Nigeria, de la République centrafricaine, de la République démocratique du Congo, du Tchad et du Togo.
Selon les rapports préliminaires de ces pays, 2 312 cas au total (dont 324 mortels) se sont produits entre le 1er janvier et le 10 février 2008. Ces chiffres sont de 29 % inférieurs à ceux de la période correspondante de six semaines en 2007 (3 274 cas, dont 413 mortels). Ce qui indique, jusqu'à présent, une activité plus faible de la méningite en 2008.
Le communiqué de l'OMS indique que parmi les pays ayant notifié des cas au CSPP du Burkina Faso, la République centrafricaine et la République démocratique du Congo ont signalé des flambées depuis le début de la saison. Tandis que d'autres pays signalent une activité de la méningite, sans atteindre le seuil épidémique au niveau des districts, à savoir le Bénin, la Côte d'Ivoire, l'Éthiopie, le Ghana, le Mali, le Niger, le Nigeria et le Togo. Le Cameroun et le Tchad n'ont pas notifié des cas.
En République démocratique du Congo, souligne le communiqué, la situation est en cours d'évaluation dans le district d'Aru, limitrophe de celui d'Arua en Ouganda, où 167 cas, dont 17 mortels (taux de létalité de 10,2 %), ont été signalés du 1er janvier au 10 février 2008. Les zones les plus affectées sont celles de Laybo, Ariwara et Aungba. Le district d'Aru avait également connu une flambée au début de 2007.
Le Burkina Faso est, quant à lui, identifié comme le pays le plus affecté, avec un total de 1.422 cas, dont 204 mortels (taux de létalité de 14,3 %), notifiés du 1er janvier au 10 février. Cela représente plus de 61 % de l'ensemble des cas notifiés au CSPP en 2008 (contre 64 % pour la même période en 2007). Selon le communiqué, l'on a identifié Neisseria meningitidis A (Nm A) comme étant l'agent causal dans les districts de Mangodara et Sapouy. Une campagne de vaccination de la population âgée de 2 à 29 ans a été mise en oeuvre dans ces districts, ainsi qu'à Gaoua. Une évaluation transfrontalière de la situation est, également, en cours en Côte d'Ivoire, dans la zone voisine du district de Mangodara. Bien que la tendance épidémiologique au Burkina Faso soit la même que celle observée l'année dernière, on a constaté au cours des six premières semaines de l'année 2007 un plus grand nombre de cas notifiés et davantage de districts dépassant le seuil épidémique (8, au lieu de 2 en 2008).
Quant à la riposte, le communiqué note que le ministère de la Santé de la République centrafricaine riposte avec une campagne de vaccination de masse dans certaines communes qui ont atteint le seuil épidémique dans la préfecture de Nana-Gribizi, au nord du pays. Au total 45 cas, dont 5 mortels (taux de létalité de 11 %) ont été signalés à la fin de la sixième semaine, et Nm A a été identifiée comme étant l'agent pathogène. L'OMS et le Groupe international de coordination (GIC) font partie des partenaires internationaux fournissant une assistance pour les campagnes de vaccination.

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