Abidjan — Le Président français a fait, hier au Cap, une importante déclaration sur la coopération militaire avec l'Afrique. La France n'a pas vocation à maintenir indéfiniment des forces armées en Afrique. L'Afrique doit prendre en charge les problèmes de sécurité».
Le Président français, Nicolas Sarkozy, a fait cette indication relayée par l'AFP, hier, au Cap, devant le Parlement sud-africain. Son homologue sud-africain, Thabo Mbeki, pense que cette déclaration s'inscrit «dans le processus de décolonisation» et il l'a saluée.
Quelque 9000 soldats français sont stationnés en Côte d'Ivoire, au Sénégal, au Gabon, en Centrafrique, au Tchad et à Djibouti, quand des accords lient la France au Togo et aux Comores.
La déclaration de Sarkozy en Afrique du Sud n'est pas tout à fait nouvelle. En effet, depuis son discours de Cotonou en 2006, le Président français a promis «la rupture» avec les pratiques controversées de ses prédécesseurs dans la région. Aujourd'hui, il veut la «renégociation de tous les accords militaires de la France en Afrique».
La mise en oeuvre de la «rupture» prônée par Sarkozy tardait à se concrétiser. Aussi les détracteurs de la «Françafrique» n'ont-ils pas apprécié l'intervention française au Tchad. Qui a permis au Président Idriss Deby Itno de se maintenir au pouvoir, malgré l'offensive menée par des rebelles jusqu'aux portes du palais présidentiel.
Le Président Sarkozy avait justifié l'intervention de la France par «devoir» pour protéger le régime de Deby. Cela à la suite de l'adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU d'une déclaration non contraignante, dans laquelle il appelait «les Etats membres à apporter leur soutien au gouvernement du Tchad».
Au Cap, le Président Sarkozy a, par ailleurs, promis «une initiative de soutien à la croissance économique» de l'Afrique. Elle portera sur 2,5 milliards d'euros en 5 ans en vue de financer environ 2000 entreprises et la création de 300000 emplois.
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