Youcef Salami
1 Mars 2008
Elle se réunit le 5 mars
L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) devrait laisser sa production inchangée lors de sa réunion prévue le 5 mars prochain. C'est une hypothèse différemment appréciée par les spécialistes des marchés pétroliers. «Je ne crois pas que nous ferons quoi que ce soit si les prix restent à ce niveau», a ainsi noté Choukri Ghanem, président de la compagnie nationale pétrolière libyenne, cité par l'AFP. Et d'ajouter : «Je pense qu'ils vont rester autour de 100 dollars.» Un conseiller pétrolier du président du Nigeria jugeait lui aussi cette semaine «peu probable» que l'Organisation pétrolière modifie sa production si les prix «restent entre 90 et 100 dollars».
Le niveau de production officiel de l'OPEP, qui produit 40% de l'offre mondiale, est fixé à 29,67 millions de barils par jour (mbj) pour les douze pays soumis au système des quotas dont l'Irak est exclu. Si l'Arabie saoudite, premier producteur mondial et membre le plus influent de l'Organisation, ne s'est pas encore exprimée sur ses intentions pour la réunion de mercredi prochain, les analystes tablent également sur un statu quo. «J'ai du mal à voir autre chose qu'une reconduction à l'identique» de la production, remarque Vera de Ladoucette, analyste du CERA (Cambridge Energy Research Associates), reprise par l'AFP. Un avis unanimement partagé. Comment l'OPEP «pourrait-elle augmenter» la production à
un moment où il y a autant d'incertitudes économiques et à une période où il y a traditionnellement une baisse de la demande ? s'interroge-t-elle. Outre la baisse saisonnière à la fin de l'hiver, le ralentissement économique aux Etats-Unis et ses retombées sur le reste du monde pourraient peser fortement sur la demande, avec un risque de chute des cours de l'or noir.
Actuel président de l'OPEP, Chakib Khelil a affirmé à plusieurs reprises que l'offre actuelle est «suffisante» et qu'avec «la baisse prévue de la consommation» au prochain semestre, on «ne peut» envisager d'augmenter la production. «Si une hausse s'avère improbable, il semble également politiquement impossible pour l'OPEP de réduire ses quotas avec un baril autour de 100 dollars», souligne Bill Farren-Price. Ce serait ressenti comme une provocation par les consommateurs, renchérit Jean-Louis Schilansky, secrétaire général de l'Union française des industries pétrolières (UFIP).
Le baril de brut a dépassé pour la première fois, hier, le seuil des 103 dollars.
En outre, malgré le niveau des prix, la consommation asiatique, moteur de la demande mondiale, «reste très soutenue», remarque M. Farren-Price, cité par l'AFP. Le conseiller nigérian juge d'ailleurs que l'équilibre offre/demande est «bon».
Pour Vera de Ladoucette et Bill Farren-Price, l'Organisation pourrait toutefois prévoir une nouvelle réunion fin avril-début mai pour réévaluer la situation.
Rien n'empêche non plus l'Arabie saoudite d'ajuster discrètement sa production dans les semaines à venir en fonction de la demande, comme elle l'a fait ces derniers mois.
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