Rich Ngapi
1 Mars 2008
Kinshasa — La Banque mondiale a failli au respect de ses politiques
Dans son rapport rendu public, vendredi 29 févier 2008, le panel d'inspection sur les opérations forestières en République démocratique du Congo estime que malgré les efforts de la Banque mondiale pour améliorer la gestion des forêts congolaises, elle a failli au respect de ses politiques, y compris celles sur l'évaluation environnementale et les peuples autochtones.
« Le Panel a trouvé que la Banque mondiale a failli au respect de ses politiques, y inclus celles sur l'évaluation environnementale et les peuples autochtones ». C'est en ces termes que le président du panel d'inspection, M Werner Kiene, a conclu sa conférence de presse, le vendredi 29 février 2008, au Grand Hôtel Kinshasa.
Pour être plus explicite, le président du Panel a déclaré : « Le Panel apprécie les efforts de la Banque mondiale dans ce secteur crucial, et met en exergue l'importance de son engagement continu. Le Panel a néanmoins identifié que pendant la préparation du projet il y a eu des carences dans la conduite des vérifications initiales nécessaires pour identifier les risques et déclencher les politiques de sauvegarde en vue de prendre des actions cruciales pour répondre aux besoins des Pygmées et autres populations locales ».
Pour sa part, le directeur général du Groupe de la Banque mondiale, Mme Ngozi N. Okonjo-Iweala, a bien accueilli le rapport du panel d'inspection et appuyé les actions définies dans le plan d'actions en tant que contributions importantes en vue de promouvoir une meilleure gestion des forêts congolaises et pour la protection des droits des populations dépendantes des forêts, y compris les Pygmées.
« Le Groupe de la Banque mondiale a beaucoup fait et peut faire plus pour protéger les forêts, réduire la pauvreté, soutenir les droits des peuples autochtones, et promouvoir la stabilité de l'environnement global à travers son travail en RDC », a déclaré Mme Okonjo-Iwela. Avant d'ajouter : « Nous prendrons en compte les constats du panel, mettrons en oeuvre les leçons apprises, et resterons engagés dans la coopération avec nos partenaires au développement et le gouvernement de la RDC qui conduit cet important effort ».
LA PLACE DES AUTOCHTONES
Le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale s'est réuni le 10 janvier 2008 pour discuter le rapport du Panel d'inspection ainsi que la réponse du management et son plan d'actions. A l'issue de cette réunion, des communautés pygmées de la RDC s'étaient plaint auprès du Panel d'inspection sur le fait que les réformes forestières appuyées par la Banque mondiale se déroulaient sans consultation et conduiraient à violer leurs droits d'occuper des terres ancestrales et de gérer et utiliser leurs forêts selon leurs pratiques traditionnelles.
Au nom des requérants, Me Roger Muchuba est formel : « Le souhait est que tout se passe dans la transparence, le dialogue et avec le consentement des populations autochtones, premiers propriétaires des forêts », a-t-il indiqué.
Le plan d'actions approuvé par le Conseil, met l'accent sur l'engagement continue de la Banque dans le secteur forestier en RDC, l'appui au maintien du moratoire sur les futures concessions forestières, et le renforcement des capacités de mise en oeuvre des lois. Ce plan vise une intégration plus large des communautés dépendantes des forêts, y compris les Pygmées, dans les activités de la Banque mondiale en RDC. Il vise aussi à soutenir, dans les futures opérations, des activités cruciales telles que le renforcement des capacités, le zonage participatif, le maintien des droits coutumiers, l'application des lois, et le contrôle indépendant des activités forestières.
Par rapport à ce plan d'actions, le Panel a trouvé que, dans la conception de précédents projets, la Banque a sous-estimé la valeur des produits non-ligneux dans le mode de vie des populations forestières et rurales estimées à 40 millions en RDC. Les discussions du Conseil d'administration ont été caractérisées par un large accord sur les constat du panel, les mesures définies dans le plan d'action avec un accent particulier sur la nécessité de prendre et de développer subséquemment des mesures spécifiques pour corriger les manquements et appliquer les leçons apprises. Car, la réunion a noté que, depuis 2002, le gouvernement congolais a adopté un agenda fondamental et ambitieux de réforme forestière qui s'attaque à l'héritage de mauvaise gestion du passé et prépare les bases pour des modèles de gestion plus durable et plus équitable des forêts.
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