Le Potentiel (Kinshasa)

Cameroun: Concertations pour la révision de la structure des prix à la pompe

7 Mars 2008


Kinshasa — Le gouvernement camerounais se dit prêt à réduire les coûts de facteurs des produits pétroliers sur l'économie camerounaise. Mais, bien des questions restent encore sans réponses.

Le président de la République peut-il revoir la fiscalité sur les produits pétroliers tel qu'il l'a fait, le 28 septembre dernier au sujet du riz, du sel, du poisson et de diverses farines utilisées par les producteurs des volailles, dans le but d'obtenir une diminution du prix de ces denrées de consommation courante sur les marchés ? Compte tenu des activités observées dans ce secteur ces derniers temps, le rêve est permis.

Depuis la fin des années 80, les cours du pétrole brut ont connu une flambée sans précédent sur le marché international en même temps que le dollar américain, monnaie de référence sur ce marché-là, observait une fluctuation, qui a eu un effet quelque peu limité sur cette montée vertigineuse. Malgré le mécanisme de stabilisation des prix en vigueur au Cameroun, les prix des produits pétroliers à la pompe se sont envolés, entraînant une augmentation des coûts de production pour les industriels, les commerçants, notamment les transporteurs urbains et interurbains.

A plusieurs reprises, ce derniers mois, les transporteurs urbains ont manifesté leur mauvaise humeur au sujet des conséquences de ces prix sur leur activité et ont arraché, au passage, la dernière augmentation du prix du transport urbain, notamment, celui du ramassage en journée dans les métropoles, qui est passé du jour au lendemain de 175 à 200 Fcfa. Une augmentation qui n'a pas réjoui les consommateurs

Le gouvernement a décidé de démystifier la structure des prix du pétrole, du super, du gasoil et du gaz domestique, pour ouvrir un dialogue nécessaire à la prise en compte des intérêts de ce qu'il appelle ses partenaires sociaux. Ce dialogue est d'autant nécessaire que ces Camerounais, conscients que leur pays produit du pétrole et le raffine, ont toujours indiqué que le marché camerounais pouvait être à l'abri des fluctuations du marché international. Et que des exemples tirés de ce qui se passe dans certains pays africains non producteurs de pétrole, montrent qu'une autre politique des prix était possible au Cameroun.

SUBVENTIONS

Ces efforts des pouvoirs publics sont-ils de nature à infléchir malgré tout la position des syndicats et des mouvements de consommateurs, qui revendiquent une baisse considérable des prix à la pompe ? Leur réponse est non et ne manque pas d'arguments. En effet, la structure détaillée des prix des produits pétroliers fait apparaître de nombreux postes, qui sont jugés soient «superflus», soit «excessifs» par les consommateurs, compte tenu de leur impact sur le prix à la pompe. Les syndicalistes et les défenseurs des consommateurs trouvent inexplicables que le litre de carburant fabriqué au Cameroun à un prix relativement modique (175,02 Fcfa pour le super, 196,22 pour le pétrole et 189,80 pour le gasoil, selon la structure des prix de septembre 2006) soit vendu à un coût prohibitif (respectivement de 595, 378 et 549 Fcfa).

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