Libération (Casablanca)

Maroc: Table ronde sur la problématique compétence-emploi dans le tourisme

Achir karim

7 Mars 2008


L'ANAPEC se prête à accompagner la Vision 2010

Première industrie du pays, de par le nombre d'emplois créés et l'ampleur des investissements drainés, le tourisme mérite, en effet, une attention particulière pour lui éviter les travers dans lesquels se débat le secteur, particulièrement, en ce qui concerne les ressources humaines et les compétences adéquates. La table ronde organisée par l'ANAPEC sur «La problématique compétence-emploi dans l'accompagnement de la Vision 2010» s'inscrit dans cette perspective, en visant une revalorisation des formations dans les métiers du tourisme et une prise de conscience des professionnels (hôteliers, restaurateurs, investisseurs et collectivités locales).

Cette rencontre, organisée en partenariat avec la préfecture Al Fida Mers Sultan, a réussi à regrouper un parterre de professionnels de la capitale économique du Royaume, dans le but non pas de reparler des mêmes maux dont souffre la profession, mais de tourner lapage et regarder l'avenir avec plus d'engagement, plus d'implication et plus de responsabilité.

Il est vrai que le tourisme, en tant que levier de développement, est un métier noble. Sauf que, par rapport aux ambitions affichées, le secteur est, de nos jours, pénalisé par le déficit en mains-d'oeuvre qualifiées et profils pointus et la faible implication des professionnels pour mettre en place une vision d'ensemble.

Soucieux de lever les obstacles au développement de l'industrie et des services touristiques dans notre pays, au bénéfice de l'économie et de l'emploi, le ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle, Jamal Aghmani a présenté, à l'ouverture de cette table ronde, devant les représentants de l'OFPPT, ANAPEC, FNT, FNIH, FNAVM, CRT, élus locaux et opérateurs privés de la formation) le plan d'action de son département en matière de formation des métiers du tourisme et de revalorisation des ressources humaines. Un plan, dit-il, qui requiert l'adhésion et l'implication de tous les intervenants, publics et privés, et acteurs professionnels, afin d'assurer son aboutissement.

Attentive aux moyens d'améliorer l'accueil des touristes, et notamment des touristes étrangers, pour en augmenter le nombre et leur donner envie de revenir au Maroc, l'ANAPEC, veut, à travers cette table ronde, dégager un consensus autour des enjeux et défis de l'approche emploi et compétences dans la dynamique de la Vision 2010; déterminer l'offre formation en adéquation avec les besoins du marché et tracer les contours de la feuille de route pour une revalorisation des métiers du tourisme.

L'exercice est sans doute difficile, car il faudrait éviter de tomber dans le piège de la compilation des désagréments individuels constatés, et tenter de trouver des pistes d'améliorations, à la fois souhaitables et réalistes, afin qu'elles puissent emporter l'adhésion des nombreux acteurs et professionnels auxquels incombera, en premier lieu, la mise en oeuvre des propositions faites.

Certes, le dispositif de formation, tel qu'il fonctionne aujourd'hui, est quantitativement en ligne mais demeure qualitativement en deçà des attentes. Les opérateurs, eux, en l'absence de repères précis -une étude sectorielle dans le sens le plus large, se fait toujours attendre- revendiquent des formations qualifiantes de qualité, sans payer, en contrepartie, le prix. Les formateurs se disent prêts et l'ANAPEC affiche sa volonté d'accompagner le secteur, tout en reprochant aux hôteliers et restaurateurs de contribuer à la dévalorisation des métiers du tourisme et le plus souvent à «la fuite des cerveaux».

Les salaires dans le secteur, c'est un secret de polichinelle, ne cadrent nullement avec les ambitions des jeunes lauréats et ne permettent guère de retenir les compétences marocaines. Ces lauréats sont séduits par les offres faites par les Espagnols et les Italiens.

Une revalorisation des métiers du tourisme s'avérait donc nécessaire, recommandent les orateurs. Afin de consolider son rang de «plus beau pays du monde» visité, dans un contexte de concurrence mondiale, le Maroc se doit de miser un «Plan revalorisation des compétences» dans lequel les diplômes et la formation sont des éléments clés. Dans cette perspective, former, développer et retenir une maind'oeuvre qualifiée devient un enjeu majeur.

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La rencontre a, encore une fois, souligné le grand potentiel touristique du Maroc, en termes d'image et de retombées pour l'économie, et les efforts faits par les pouvoirs publics pour encourager les investissements et l'édification de grands projets structurants. La rencontre a permis aussi de remettre sur la table le constat du présent, en l'occurrence les dysfonctionnement de la formation et l'inadéquation des offres du marché de l'emploi. Elle a permis aussi de mettre en évidence le déséquilibre entre les régions en termes d'offres et de demandes et les difficultés à gérer de manière optimale le marché du travail.

Sans doute, le temps est venu pour remédier à nombre de paradoxes -qui s'apparentent à de véritables forces conflictuelles-, pénalisant le formidable potentiel du pays et limitant la croissance du secteur en termes d'emplois.

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