Pierre Emangongo
10 Mars 2008
Kinshasa — L'ancien président nigérian Obasanjo dans une mauvaise posture
Les participants à la Convention nationale du Parti démocratique du Peuple (PDP) ont élu samedi Vincent Ogbulafor à la tête de cette formation de la mouvance présidentielle au détriment de Sam Egwu, ancien gouverneur de l'Etat de Ebonyi (sud-est) soutenu par l'ex chef de l'Etat nigérian Obasanjo, actuellement victime de plusieurs revers dans la fédération du Nigeria. Cette Convention du PDP offre une occasion propice aux nombreux Nigérians pour rompre avec le statu quo afin de s'émanciper d'Obasanjo.
Le parti au pouvoir au Nigeria depuis 1999 a tenu le week-end une convention nationale avec, en coulisses, un enjeu essentiel: le rôle toujours prépondérant sur la vie politique de l'ex-président Olusegun Obasanjo qui a, selon l'AFP, subi samedi un revers.
Le candidat du chef de l'Etat Umaru Yar'Adua a ,en effet, été élu samedi président du Parti démocratique du Peuple (PDP), au détriment de Sam Egwu, ancien gouverneur de l'Etat de Ebonyi (sud-est) que soutenait M. Obasanjo.
Vincent Ogbulafor, qui fut secrétaire national du PDP de 2001 à 2005, a été élu pour un mandat de quatre ans après le retrait de 25 autres candidats.
Les délégués du PDP ont convergé samedi vers Abuja, la capitale fédérale, avec pour mission de renouveler les instances dirigeantes du parti, au moment où l'heure est à la contestation interne du pouvoir jugé exorbitant de l'ex-général Obasanjo.
Souvent considéré comme étant toujours le vrai patron du pays, il contrôle le PDP en tant que président du Conseil d'administration de la formation. Cette position qu'il qualifie d'honorifique lui permet en fait de garder la haute main sur le parti qu'il a fondé en 1999 et sous la bannière duquel il a été élu une première fois président cette même année. IT/ S'émanciper d'Obasanjo
Pour des membres du PDP et des analystes interrogés par l'AFP, cette convention nationale, reportée plusieurs fois tant les dissensions se sont multipliées entre "vieille garde" et "jeunes loups", sera le grand test pour M. Obasanjo.
Son parcours est assez étonnant: après avoir accédé au pouvoir à l'occasion d'un coup d'Etat, il est le premier militaire africain à le rendre volontairement aux civils en 1979. Embastillé pendant trois ans (1995-1998) par un autre général, il est finalement élu président civil en 1999. Il quitte le pouvoir en 2007, non sans avoir tenté de faire modifier la constitution pour briguer un troisième mandat. Ayant échoué sous la pression du Parlement, il choisit son successeur, l'actuel président Umaru Yar'Adua, qu'il impose en décembre 2006 au PDP comme le candidat du parti.
Certes, il a subi plusieurs revers avec l'annulation de nombreuses décisions prises dans ses derniers jours de présidence tandis que plusieurs de ses fidèles sont dans la tourmente: la présidente de l'Assemblée nationale Patricia Etteh a démissionné après une affaire de dépenses somptuaires pour sa résidence, celui du Sénat, l'ex-général David Mark, vient de voir son élection de gouverneur de son Etat invalidée.
Plusieurs autres gouverneurs PDP ont également vu leur élection annulée pour irrégularités lors du scrutin d'avril 2007, jugé largement frauduleux par la communauté internationale. "Cette convention est une bataille entre les fidèles d'Obasanjo et de nouvelles forces qui veulent rompre totalement avec le passé et s'émanciper d'Obasanjo. L'heure du changement a donc sonné au Nigeria M.Obasanjo doit effectivement laisser la place aux réformateurs pour imprimer un nouveau dynamisme au sein du PDP.
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