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Gabon: Embourgeoisement - Omar Bongo libère sa colère
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Le Quotidien Mutations (Yaoundé)
11 Mars 2008
Publié sur le web le 11 Mars 2008
Léger Ntiga
Libération parle de l'offensive du président gabonais à propos des révélations du Monde sur sa fortune.
"Omar Bongo a vu rouge". C'est par ce raccourci que le quotidien libération en date du vendredi 07 mars 2008 attaque l'article qu'il consacre à "la colère de Omar Bongo". Très amer, le président gabonais réagit à la diffusion, lundi, 03 mars dans la soirée, d'un reportage sur la chaîne de télévision publique française, France2. Le sujet évoqué: le patrimoine immobilier français du chef de l'Etat gabonais étale 33 propriétés réparties entre la région parisienne et la Côte d'Azur, d'une valeur totale de 150 millions d'euros, dont un immeuble en cours d'aménagement sur les Champs-Elysées, récemment acquis pour 19 millions d'euros.
Ces informations déjà parues en juin 2007, ont refait l'objet d'une enquête plus approfondie du journal Le Monde, le 1er février 2008. Toutes choses qui ont suscité le dépôt d'une plainte par plusieurs Ongs (Survie, Sherpa et la Fédération des Congolais de la diaspora) pour "recel de détournements de fonds publics". Le président Omar Bongo Ondimba visé avec quatre autres présidents africains, dont son parent par alliance, le Congolais Denis Sassou Nguesso, n'a pu supporter ce qu'il qualifie de lynchage. Et pour dire sa colère, le chef de l'Etat gabonais, en plus d'avoir organisé une campagne médiatique dans les colonnes de la presse de son pays, a fait réagir son ministre des Affaires étrangères qui parle d'une campagne de dénigrement organisé par le gouvernement français sur les antennes de la chaîne télévision publique, France2.
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D'où le communiqué musclé rendu public par le patron de la diplomatie gabonaise: En "autorisant la diffusion par les chaînes publiques de reportages divulguant l'adresse privée" du président Bongo, Paris aurait "manqué à [ses] obligations de protection d'un chef d'Etat en exercice". L'ambassadeur de France a été convoqué, la presse mène campagne contre la "cabale" et le "complot". Enfin, jouant sur une corde sensible en Afrique, les autorités ont refoulé un Français à la frontière et menacent d'expulser des expatriés en rétorsion à l'expulsion récente de deux Gabonais en situation irrégulière en France. A l'automne dernier, la justice française avait classé l'affaire de "ces fortunes scandaleuses" sans suite, estimant que les infractions n'étaient pas assez caractérisées.
Ce n'était que partie remise pour la télé surtout publique qui ne saurait être la presse écrite. Raison pour laquelle le Gabon, pays pétrolier d'un million six cent millions d'habitants et 119e sur 180 dans l'indice de développement humain du Pnud a été présenté sous l'angle de la fortune française de son président. Ce n'est pas la première colère du plus ancien chef d'Etat africains contre la France. En exercice depuis 1967, le président Bongo avait déjà menacé de tout déballer sur la "pompe à fric" de la Françafrique lors de l'affaire Elf, dont le Gabon était une chasse gardée. Mais il espérait meilleur traitement sous Sarkozy, lui qui s'était vanté d'être le premier chef d'Etat appelé au téléphone par le nouveau président français le 6 mai 2007.
Omar Bongo a par ailleurs peu apprécié (c'est un euphémisme), le discours de Jean-Marie Bockel lors de ses voeux de début d'année. Car, le secrétaire d'Etat à la Coopération a proclamé vouloir " signer l'acte de décès de la Françafrique". En conseil des ministres, le chef de l'Etat gabonais a fulminé des anathèmes contre ces propos " mus par l'ignorance de la réalité ". Il a rappelé sans ménagement les avantages que la France tirait de sa position au Gabon et menacé de trouver d'autres partenaires " plus respectueux de la dignité des peuples ". Bongo a fait savoir à l'Elysée tout le mal qu'il pensait de la politique de " rupture " prônée par Bockel. Vendredi, lors des voeux au corps diplomatique, Nicolas Sarkozy a semblé soutenir (discrètement) la démarche de son secrétaire d'Etat.
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