Les Echos (Bamako)

Mali: Ministère de la culture - l'adjuvant indispensable

Selon Mamadou Bani Diallo, conseiller technique chargé de communication au ministère de la Culture, ce département apporte un appui important à la filière du livre.

Le ministère de la Culture participe beaucoup à la création littéraire à travers des manifestations qu'il organise ou soutient. C'est du moins l'avis de Mamadou Bani Diallo, conseiller technique dans ce département. Pour étayer son point de vue, il cite le soutien à Etonnants Voyageurs de Bamako organisé par l'Association « Etonnants Voyageurs » en partenariat avec le ministère de la Culture et la coopération française. Ce festival vise à développer l'usage du livre et à imposer l'écrit comme acte de développement dans les cultures africaines.

« Le ministère de la culture en partenariat avec la coopération française a créé également le projet d'appui à la filière du livre au Mali (AFLAM) en février 2000 afin de redynamiser le secteur du livre malien » , ajoute-t-il. Ce projet avait pour missions l'amélioration et la restructuration du réseau de lecture publique existant, la création de nouvel accès dans le système éducatif et la professionnalisation des éditeurs et libraires maliens pour une production et la diffusion commerciale du livre.

Afin d'enrichir le paysage littéraire malien, le ministère de la culture organise depuis 2003 des cafés littéraires, lieux de rencontre entre les écrivains et leur public en vue de débattre d'une Å"uvre littéraire avec l'appui de critiques avisés dans un cadre convivial d'échanges et d'enrichissements mutuels. Le café littéraire est organisé généralement selon un calendrier mensuel et a pour but de susciter un engouement réel pour la production littéraire nationale faisant partie intégrante du patrimoine culturel. « Le ministère de la culture soutient aussi la rentrée littéraire au cours de laquelle il décerne des prix en tant qu'acteur du financement des prix ».

Sur financement de l'Unesco, le colloque du cinquantenaire des écrivains et artistes noirs fut organisé par le ministère de la Culture. Le département a également organisé en 2002 la journée nationale de l'écrivain et deux colloques à l'intention des écrivains ouest africains qui font des récits de chasseurs revêtant une valeur littéraire.

POLITIQUE NATIONALE DU LIVRE - C'est le texte qui manque le plus

Mamadou Bani Diallo, conseiller technique chargé de communication au ministère de la Culture, déclare qu'il n'existe pas une politique nationale du livre au Mali. « Dans la pratique il existe des éléments essentiels qui peuvent servir à l'élaboration et à la mise en Å"uvre de la politique nationale du livre à savoir la stimulation de la création littéraire à travers des manifestations qui sont organisées ou soutenues par le ministère de la Culture, la mise en place d'un cadre légal approprié pour la protection du droit d'auteur, l'instauration d'incitations fiscales en entendant la relecture de la législation nationale, la promotion du livre et de l'écrit par la création de bibliothèque de lecture publique, la mise en place de réseaux nationaux de bibliothèques suivies par une direction nationale, la formation initiale et continue aux métiers du livre ». « Il ne reste qu'à réunir toutes ces mesures en un seul texte légal qu'on pourrait appeler loi relative au livre », dit-il.

OUSMANE DIARRA, Une plume acérée

Ousmane Bassakoro Diarra est né en 1960 à Bassala « Didiéni » dans le Béledougou profond, en pays bambara. Orphelin déjà à deux ans, il a fait une partie de son enfance dans le village de ses parents où il a fait ses études jusqu'en 4 e année. Il abandonna par la suite l'école pendant deux ans au cours desquels il a conduit les animaux aux pâturages, il retrouvera « comme une bouée de sauvetage », l'école et s'est installé à Bamako à l'age de 13 ans, chez une tante où il a continué avec ses études jusqu'en supérieure. Il est diplômé en lettres modernes de l'Ecole Normale Supérieure de Bamako, promotion 1987. Ousmane est écrivain et conteur, professeur de lettres et bibliothécaire au Centre Culturel français de Bamako. Il est un acteur engagé de la vie littéraire au Mali.

Sa joie de vivre qui couvre sa colère tullerie ! Homérique, laquelle sauf à de rares occasions n'est lisible que dans sa littérature. Le ressort de sa colère c'est l'amour de la vie, la joie de vivre, c'est parce qu'il aime la vie qu'il est un révolté. Pour M. Diarra, la littérature n'a pas que deux syllabes en commun avec la liberté. Il sait quel est le plus beau songe de l'homme. Ousmane ne cède jamais aux facilités du genre, il préfère les retournements de situation qui stupéfient son lecteur.

Il dénonce dans ses écrits l'injustice dans la société malienne et surtout africaine. C'est un solitaire dans son coin. Il est marié et père de six enfants. Comme tout bon écrivain, qui se refuge dans l'écriture, Ousmane a écrit deux romans et des nouvelles et beaucoup de recueils de poèmes. Il envisage, dans les années à venir, de mettre sur le marché un roman pour ses lecteurs.


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