S.o. F
17 Mars 2008
Le Sénégal a les moyens de produire suffisamment de riz pour faire face à la demande de la population. Mais pour cela, il faut que l'Etat s'en donne les moyens et promeut sa culture par les producteurs nationaux. C'est en tout cas l'avis du Djibril Diaw, producteur de riz de Ronkh et par ailleurs membre de l'ASESCAW fort de près de 7000 membres
Le riz de la Vallée, cette précieuse céréale, se porte bien. Et aujourd'hui, ces problèmes qui avaient pour nom mévente et qualité ne sont plus d'actualité. C'est l'avis de Djibril Diaw, un producteur de riz de la localité de Ronkh et aussi membre de l'ASESCAW, qui trouve que « les paysans ont pris conscience et sachant que ce sont eux-mêmes qui doivent forger leur propre destin, ils se sont professionnalisés et maintenant, il y a de la qualité et aussi les prix, car aujourd'hui, le riz se vend à sa juste valeur ». La commercialisation est bonne car il y a une forte demande. « Le riz blanchi à l'usine peut se vendre à 200 frs et dans les marchés, il peut se vendre entre 200 à 225 frs. Il y a une nette amélioration et les paysans en tirent vraiment profit », estime-t-il. Cela est dû en grande partie à l'appui de l'état sur les engrais, car le sac d'engrais qui était vendu à 12.500 frs est aujourd'hui réduit de moitié.
« Il y a une réduction supportée par l'état et si ça continue comme ça, les paysans vont en tirer une marge parce que le riz est une spéculation dont la production est très élevée. Avec l'appui de l'état, nous parvenons à diminuer les coûts et avoir le maximum de profit », note Djibril Diaw, qui révèle par la même occasion qu'il y a une baisse de superficie cultivée au niveau de l'arrondissement de Ross Béthio. Une baisse qui s'explique par un manque de crédits. « Actuellement, la superficie cultivée tourne autour de 7 à 10 mille hectares. Il y a des années, l'on en était à 45 mille hectares dans toute la région, mais dans l'Arrondissement de Ross Béthio qui est un bastion de la culture du riz, la superficie cultivée ne dépasse pas les 10.000 hectares », indique-t-il. Toutefois, les rendements sont bons, surtout au niveau de l'ASESCAW où ils tournent autour de 5 à 6 tonnes à l'hectare pendant l'hivernage et 8 à 9 tonnes à l'hectare pendant la contre-saison. « Ce bon rendement est du à un paquet technologique bien aménagé avec un calendrier cultural bien calé, mais aussi un accès sur l'engrais qui est un facteur limitant. Nous sommes passés à 500 kg à l'hectare alors que les recommandations de la SAED tournaient autour de 200 à 300 kg à l'hectare », estime-t-il. Comme pour l'ensemble des riziers de la Vallée, la cherté des aménagements des terres constitue un handicap majeur. « Les aménagements de l'Etat tourne autour de 6 à 8 millions de francs, mais avec nos moyens du bord, les aménagements tournent autour de 300 à 500 mille.
Ce n'est certes pas le même type ni la même durée et en plus le réseau de drainage pose problème, mais en ce qui concerne le rendement, la différence est insignifiante », estime-t-il. Toutefois, ce problème est en train d'être vaincu par les producteurs, car avec l'installation du PINORD à Ross Béthio, la filière riz commence à bien s'organiser, car les organisations de producteurs ont une charte de qualité commune et aussi les mêmes objectifs. « Avec la venue du PINORD, il y a eu beaucoup d'acquis et nous souhaitons qu'il y ait une continuité », a-t-il souligné, avant d'évoquer le besoin des producteurs d'être appuyés à nouveau sur les problèmes de la fiscalité, pour faciliter l'achat de matériel agricole qui coûte très cher, mais aussi une exonération sur le prix du gasoil pour faire du Sénégal un pays émergent en ce qui concerne la production de riz.
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