L'Aurore (Conakry)

Sierra Leone: Forum régional des Mines, le ministre de Sierra Leone en toute simplicité

Thiankoye Sylla

17 Mars 2008


La rencontre de Conakry a permis de découvrir des « talents ». Et, Dieu seul sait que ce club est très restreint. Mais l'on y a retrouvé, Aboubacar Jalloh. Ce Géophysicien dirige avec « fierté » le Département des Ressources Naturelles de Sierra Leone.

Sa vision pour ce pays est grande. Construire le bonheur partagé est son credo. Très modeste, déterminé, expérimenté, un gars hardi.

Si M. Jalloh a un souci, c'est bien celui de s'assurer d'une connaissance géologique parfaite de son terroir et la constitution d'une banque de données fiables. Il souhaite aussi une meilleure politique de recasement des citoyens affectés par les projets miniers et une bonne gestion des revenus pour un développement local tangible.

Il a fait un plaidoyer en ces termes, «si nous gérons biens le peu que nous tirons des industries des ressources naturelles, on aurait construit une économie régionale sûre» dit-il, avant d'ajouter, «il y a plein de défis qui se posent au secteur des infrastructures. Ayons le courage de les relever avec rigueur et détermination».

M. Jalloh insiste quant à lui sur l'obligation de respecter les droits des communautés d'accueil en concluant, «dans ce domaine, il y a beaucoup de choses à réaliser. Nous devons envisager la participation même des communautés dans les capitaux sociaux des entreprises».

M. Jalloh vient d'ailleurs de suspendre l'exploitation des Kimberlites dans son pays, pour mieux assurer les intérêts des communautés Léonais. Cet ordre d'idées exhorte toute la dynamique Africaine pour l'implantation de la facilité, annoncée par les organisateurs de l'atelier Régional.

Mais Madame Aïssata Fall Bagnan du Niger, se demande s'il ne faut pas renforcer l'initiative existante, au lieu d'aller d'une initiative à une autre?

La Directrice Générale de la Chambre des Mines du Ghana, Madame Joyce Ayree, a sensibilisé sur une éventuelle coopération entre la Guinée et son pays. Pour la mise en valeur des potentialités bauxitiques. «La Guinée, dit-elle, est un grand réservoir des bauxites. Le Ghana aussi dispose de la bauxite. Le Ghana possède une fonderie d'aluminium. Pourquoi la Guinée n'exporterait-elle pas son alumine vers le Ghana pour sa transformation?»

Madame Ayree a dit que l'exploitation artisanale doit être encadrée «pour en faire de grandes économies» et d'enchaîner qu' «il faut utiliser les mines pour soutenir les préoccupations agricoles». Sûrement pour une autosuffisance alimentaire.

Pour Madame Zamilatou Cissé du ministère Malien des Finances, il faut un suivi des comptes offshore, «surtout que nous avons besoin d'aller au delà de l'Initiative de Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) pour aller vers une facilité plus contraignante pour les entreprises et les Etats».

Le Ministre Guinéen de l'Economie des Finances et du Plan, Dr Ousmane Doré, a déclaré que «la mauvaise gestion des revenus miniers peut entraver le développement et donc il faut mobiliser correctement les recettes selon les conventions existantes. En Guinée nous avons décidé de la révision des conventions, à cause des exonérations de trop. En ce qui concerne le secteur pétrolier donc, les pays présents doivent se battre pour mettre en oeuvre cette facilité transparente à l'image de la Norvège. Surtout que l'aspect intergénérationnel doit être une obligation. Il faut qu'on dégage des bénéfices pour les générations futures. Dans le cadre de Simfer Sa par Rio Tinto, nous insistons sur la construction du chemin de fer, le Transguinéen et un port en eaux profondes sur la cote guinéenne».

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