Chafaa Bouaiche
18 Mars 2008
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Les Sahraouis vont à la recherche d'un enseignement de qualité qui n'existe pas chez eux. «Le problème de la qualité de l'enseignement est dû au niveau modeste des enseignants, au manque de recyclage, à l'absence d'actualisation, au manque de livres scolaires et à la pauvreté de l'environnement et son hostilité», affirme M. Seyed. En effet, l'environnement n'offre pas les chances et l'affectivité à l'enfant ni à l'imagination. L'enfant ne connaît pas la mer, la rivière, l'arbre, le relief ou la montagne.
L'environnement n'est pas enrichissant et n'aide pas l'enseignant dans sa mission. Il n'y a pas de bibliothèque qui aide à compenser cette pauvreté de l'environnement physique, en plus de la pauvreté de l'environnement intellectuel.
Un autre handicap pour les enfants sahraouis demeure la deuxième langue. En choisissant l'espagnol comme deuxième langue, la RASD a voulu marquer son patrimoine. Le Sahara occidental n'a jamais été de sphère francophone comme le Maroc. «Nous essayons de faire vivre la langue espagnole, car elle fait partie de notre identité nationale», souligne l'ancien ministre sahraoui. «Malheureusement, regrette-t-il, nous n'avons aucun soutien de l'Espagne.»
Notre interlocuteur ne comprend pas que l'Espagne, par le biais de l'institut Cervantès, propage la langue espagnole au Maroc, où sont très rares ceux qui parlent cette langue, «alors que Cervantès n'a jamais mis les pieds au Sahara». Durant le cycle primaire, l'enfant sahraoui suit des cours d'espagnol. Une fois au lycée, il affronte une nouvelle réalité. Il étudie la langue française, en Algérie, et l'anglais en Libye. Au lieu de faire de la deuxième langue un outil au service du savoir, elle devient un handicap.
L'Unicef n'est intervenue que depuis 2006 en apportant une contribution dans le cadre de l'animation et du sport. Le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR), depuis une trentaine d'années, accompagne le peuple sahraoui, mais ne s'est intéressé à l'enseignement et à l'amélioration du niveau qu'en 2007. Le HCR apporte un soutien loin de satisfaire ce besoin. «Cette participation est symbolique», regrette M. Seyed.
Du côté espagnol, les aides n'émanent que du peuple via les militants associatifs qui viennent avec des projets (équipements, réalisation d'écoles ). Grâce à cette aide, la RASD maintient ses écoles L'Unesco n'a jamais prêté service aux enfants sahraouis
Nous quittons l'école. Dans le bureau de la directrice, on peut lire sur un tableau accroché au mur: «Si les enfants des pauvres n'avaient pas existé, le savoir aurait disparu».
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