Le Soleil (Dakar)

Sénégal: Les femmes et les enfants principales victimes des armes légères

Babacar Dione

19 Mars 2008


Les femmes sont les principales victimes de la circulation des armes légères. Le renforcement de leur implication dans la sensibilisation pourrait contribuer à éradiquer ce fléau.

Principales victimes des conséquences de la circulation des armes légères, les femmes ont leur mot à dire dans la croisade contre ce mal. Les participants au séminaire organisé hier par la Fondation Konrad Adenauer et le Mouvement contre les armes légères en Afrique de l'Ouest (Malao) en sont convaincus. Ils ont discuté autour du thème portant sur « Genre, femmes et armes légères et de petits calibres ». Pour eux, une meilleure implication de la gent féminine dans la formation et la sensibilisation contre la prolifération des armes est un bon levier pour vaincre le phénomène.

Selon Babacar Diouf, un Colonel de l'Armée sénégalaise, les femmes et les enfants sont les couches les plus vulnérables. « Les mines anti-personnel sont une menace grave. Les femmes et les enfants sont plus exposés. Dans les conflits, on note plus de victimes au sein de ces segments de la société.

Les bandes armées ont besoin des enfants à cause de leur courage lié à leur insouciance et leur inconscience », a dit le Colonel. Il ajoute que cette situation a des conséquences tant sur le plan social qu'économique. « Les conflits entraînent un déclin des activités économiques et la dislocation de la cohésion sociale », fait-il remarquer. Et le Colonel Diouf d'ajouter : « sept des dix pays qui ont un Indice de développement humain les plus bas sortent d'une longue période de guerre civile ».

Face à la prolifération des armes légères, le contrôle est nécessaire. Selon l'officier de l'armée sénégalaise, il faut donc un enregistrement des armes ainsi que les contrôles au niveau des frontières. Les gouvernants sont également interpellés. « Les pays doivent prendre leurs responsabilités. Certains connaissent les fabricants d'armes », a indiqué Babacar Diouf.

Membre de l'Association des femmes juristes sénégalaises, Mme Aminata Kébé a exposé sur la résolution 13/25 des Nations Unies sur l'implication des femmes dans la résolution des conflits et la consolidation de la paix. Selon elle, cette disposition insiste sur la protection des droits des femmes dans les zones en situation de conflits, elle insiste également sur l'implication des femmes dans les instances de décision.

Mme Kébé a déploré la sous-représentation des femmes dans les instances de prise de décision. « Elles sont plus victimes des conflits armés. Elles sont mieux placées pour énumérer les difficultés auxquelles elles sont confrontées et proposer des solutions », explique-t-elle.

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