Le Soleil (Dakar)

Sénégal: Exposition au Musée de l'IFAN - Les arts Islamiques dans toute leur splendeur

Dans la dynamique des activités annexes à la 11e Conférence au sommet des pays membre de l'Organisation de la conférence islamique (Oci) qui s'est tenue du 08 au 14 mars 2008 à Dakar, le musée de l'Ifan (Place Soweto) accueille jusqu'au 25 de ce mois l'exposition « Le livre sacré, l'art et le manuscrit islamiques ».

Sublime et majestueuse. Ce sont les maîtres mots qui résonnent en écho lorsqu'on entre dans l'espace scénographique qui abrite cette exposition. En guise de bienvenue, la calligraphie arabe déploie ses plus beaux atours avec les Turcs Daoud Baktash, Huseyin Oksuz, Ismaïl Hakki. Ils ont rivalisé d'ingéniosité et de talent dans leur approche artistique. En parcourant les oeuvres présentées, la curiosité et l'intérêt du visiteur sont attirés par la belle calligraphie qui a été composée et ciselée pour le texte du Saint Coran.

On retrouve ces écrits sur les feuilles du Livre sacré, mais aussi sur la pierre et les mosaïques les plus riches des mosquées.

Dans la pureté et l'harmonie du trait, la calligraphie devient louange à Allah.

La calligraphie est souvent utilisée comme élément décoratif dans la mosquée. Ce "décor" coranique illustre la présence de la révélation dans la vie du musulman. Elle est également le support d'un enseignement spirituel subtil et profond. Ecriture du noble Coran, florissant sur les murs des mosquées ou encore sur les objets de la vie quotidienne, la calligraphie arabe s'associe à une approche mystique du monde.

Formes naturelles stylisées

Comme pour apporter leur touche à cette exposition, les artistes sénégalais ne sont pas en reste. Au détour de la technique du découpage, du collage sur papier, Pape Ibrahima Ndoye ajoute une note particulière à cette forme d'écriture dans « Oul khoulouhabi bi Salamine Aaminime ».

Avec une rare originalité, Mouhamed Ndir loue la « Suprématie du savoir » dans une texture mixte alliant l'acrylique sur du cuir, rehaussée par un cadre en bronze sculpté.

Lamine Diop « Dogon » quant à lui se distingue dans la sculpture sur pierre en bas relief.

Dans son évolution, la culture islamique a su développer à sa propre inspiration les arts décoratifs et architecturaux hérités des Arabes, des Byzantins, des Perses, des Romains.

Ils se caractérisent par une simplicité des lignes et un foisonnement des détails souvent inspirés par des formes naturelles stylisées (fleurs, feuilles, tiges), tout en évitant les représentations animales ou humaines, celles-ci étant interdites par la tradition islamique.

Autre forme d'écriture, les manuscrits. Sur ce plan, les érudits sénégalais se sont bien illustrés. En atteste, « Tabaxaati ayhuaraa », un manuscrit authentique d'El Hadji Omar Tall, traitant des catégories de poètes et conservé par son petit-fils Thierno Seydou Nourou Mountaga Tall.

Aussi, l'exposition donne à voir des manuscrits du Saint Coran en provenance de Touba, annotés par Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur de la confrérie des Mourides, des manuscrits en provenance de Tivaouane, comme le « Burd » (poèmes à la gloire du prophète Mouhamed, Psl) d'El Hadji Malick Sy -fondateur de la confrérie des Tidianes, un manuscrit écrit de sa propre main par Serigne Babacar Sy, premier khalife d'El Hadji Malick Sy.

Parallèlement aux écritures saintes présentées en calligraphie, ou en manuscrits, l'exposition offre l'opportunité d'admirer des pièces originales qui ont marqué la culture islamique.

Un manteau de cavalier nous replonge dans la Turquie du XVIIIème siècle. Travaillé à base de velours de soie, broderie et passementerie au fil d'or, ce modèle se présente sous la forme d'un caftan court et évasé qu'on jetait souvent sur l'habit sans enfiler les manches. La qualité du velours de soie ainsi que l'intensité de la teinture rouge retiennent l'attention. La doublure en coton, les manches et l'encolure, de même que le bas du vêtement sont couverts de broderies de fil métallique auxquelles on a ajouté des passementeries.

Autres objets -reliques présentées dans cette exposition, un plat à couvercle en cuivre étamé, ou encore le sabre d'El Hadji Omar Tall et une lampe à huile zoomorphe.

Ces oeuvres sont encore proposées à la visite publique au musée Théodore Monod de l'Ifan (Place Soweto, en face de l'Assemblée nationale) jusqu'au 25 mars.


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