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Sénégal: Seydi El hadji Malick Sy - Témoignages sur une vie au service de Dieu


Le Soleil (Dakar)
 

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Le Soleil (Dakar)

19 Mars 2008
Publié sur le web le 19 Mars 2008

Bakary SAMBE

« La modestie est au mérite ce que les ombres sont aux figures dans un tableau : elle lui donne de la force et du relief ». Ces propos de La Roche Foucault, résument l'attitude d'esprit nécessaire pour appréhender l'oeuvre de Seydi El Hadji Malick Sy.

Si Maodo répugnait de parler de lui, c'est qu'entre autre, la figure symbolique de la Tijâniyya se distinguait, dès le début, par son refus de s'attirer des disciples en se trouvant des qualités de thaumaturge, avec des miracles. Faisant du prophète que l'on célèbre son modèle, il ne parla point de lui, se conformant au principe de modestie, viatique des hommes de Dieu sur le chemin de la spiritualité. Il lui fut attribué ce vers qui traduit son état d'esprit : sawfa tarâ idha-njala-l ghubâru / a farasun tahtaka am-himâru (Lorsque la poussière se dégagera, l'on pourra distinguer les vrais cavaliers !).

Mais ses contemporains comme ses successeurs ont aidé dans de nombreux écrits à saisir bien des aspects de son oeuvre ce patrimoine légué aux générations suivantes.

Parmi les nombreux témoignages sur Seydi El Hadji Malick Sy, ceux de Sîdi Ahmad Sukayrij, auteur entre autre du Kashf al-Hijâb véritable répertoire des noms qui ont fait l'histoire de la Tijâniyya, par ailleurs ancien cadi de Settât au Maroc, auteur, par ailleurs, des remarquables calligraphies de la Grande Mosquée de Paris. Il a eu des échanges épistolaires avec Seydi El Hadji Malick Sy dans lesquels, il met en exergue les éminentes qualités de ce dernier.

A part les témoignages posthumes dans la correspondance que reçut la famille de Maodo, Cheikh Ahmad Sukayrij avait, dans une lettre témoigné de son admiration et de son estime pour le guide spirituel en qui il reconnaissait une noblesse de l'esprit à son plus haut degré (laqad malaka fil majdi a'ala martabatin), un dépositaire de toutes les qualités de la sainteté (wa waritha fil wilâyati a'ala manqibatin), de la vertu, de l'obligeance et la distinction sur tous les sentiers de la grandeur ('abal-fadli fî kulli-l-masâliki).

En fait Cheikh Ahmad Sukayrij voit en Maodo cette noblesse de l'âme, viatique vers la perfection, tellement, comme il le dit, il portait bien son nom « Mâlik » et en incarnait le sens même (Wa asbaha mâlikan isman wa wasfan/wa akhlâqun lahû fîhâ kamâlu).

Ce témoignage épistolaire est corroboré plus explicitement dans un autre ouvrage du grand Muqaddam marocain, rédigé comme son Radd akâdhîb al-muftarîna 'alâ ahlil yaqîn, pour apporter les preuves de la totale inscription de la Tijâniyya dans la sunna du prophète Muhammad (Psl). Il lui donna comme titre Jinâyat al Muntasib al-'anî Fî mâ nasabahû bil kadhib Li -Shaykh Tijânî et y recense les accusations gratuites faites à la confrérie, pour les démonter avec verve et preuves à l'appui.

C'est cet ouvrage qu'il a choisi pour présenter, Seydi El Hadji Malick Sy, aux côtés d'El Hadji Omar et d'autres illustres personnages, en ces termes : « Parmi ceux qui ont brillamment écrit et composé de manière bénéfique sur la Tijâniyya, on peut citer le legs béni des anciens aux générations suivantes, habitant dans la région du Sénégal, le grand muqaddam, feu Seydi El Hadji Malick ibn Othman.

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Il a éclairé l'élite comme le commun des mortels en levant le voile (sur les connaissances). Quiconque se penche sur ses oeuvres aura la certitude que l'auteur fait partie des grands hommes de Dieu (Kummal al-rijâl) qui ont reçu la grande ouverture divine ('al-maftûh alayhim). [...] Il s'est consacré sa vie durant à l'éducation et a initié un nombre inestimable de disciples à la Tarîqa qui ont témoigné de son observance des recommandations divines, de son intransigeance dans l'adoration de Dieu, de sa disponibilité à servir son pays et ses Hommes tout en se détournant de ce qu'ils possèdent. Tout ce que je viens d'énumérer me vient des témoignages à son sujet... » (p.81)

Dans l'élégie funèbre composée à la disparition de Maodo, Serigne Alioune Guèye peignait un personnage dont les traits moraux sont, sans nul doute, ceux d'un guide proche de ses disciples. Après l'avoir qualifié de « Imâmul askhiyâ , « le chef de file des généreux », l'un des plus grands muqaddams de Maodo voit en lui le substitut des différents rôles sociaux et en fait un guide complet (huwal badalul mardiyyu).

Son rôle éducatif illustré par les qualités scientifiques et morales de ses disciples, s'avère une réalité perpétuée et reconnue par ses derniers. Voici que l'un de ses plus illustres disciples, Serigne Alioune Guèye s'arrête sur les qualités et dons du maître dans huit vers de son « dâliya » poème en « dâl » comme le fit, dans la même « qâfiya » (rime), Hasân Ibn Thâbit à la disparition du sceau des prophètes Seyyidunâ Muhammad (Psl). Certes, les disciples de Maodo pleuraient un maître spirituel hors pair. Mais c'est le savant irremplaçable qui, désormais, allait leur faire défaut.

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