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Congo-Kinshasa: Après 6 ans de pillage sous couvert du Code Minier, qui va dédommager la RDC ?
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Le Phare (Kinshasa)
25 Mars 2008
Publié sur le web le 25 Mars 2008
Jacques Kimpozo Mayala
La question lancinante qui revient sur les lèvres des Congolais, après avoir pris connaissance du rapport de la commission gouvernementale de revisitation des contrats miniers et des résolutions des Etats généraux des Mines est de savoir si les pilleurs directs et indirects de nos ressources minières, de 2002 à 2008, vont rester impunis.
Car, nulle part, on n'a lu une traîtresse ligne exigeant des sanctions contre les compatriotes ayant négocié et signé des contrats léonins, ni leurs partenaires, ces fameux investisseurs, nationaux comme expatriés, personnes physiques comme morales. Tout se passe comme si le gouvernement a levé l'option de verser, dans le compte des pertes et profits, les préjudices moraux et financiers subis par la République et les populations résidant dans les zones minières, du fait de la vente aux enchères du tiers du territoire national.
Si le panel de l'ONU avait été entendu
On se souvient qu'en son temps, le panel des enquêteurs de l'Onu avait évalué à plus de 5 milliards de dollars le manque à gagner subi par la RDC, entre 1997 et 2002, à la suite de l'exploitation criminelle de ses ressources naturelles. A l'époque, les Congolais avaient eu la satisfaction morale de découvrir la liste d'une cinquantaine de personnes physiques et morales épinglées parmi les plus grands pilleurs de la République. Repris sur cette liste noire, plusieurs dignitaires de l'AFDL et mandataires publics avaient été sanctionnés par le Chef de l'Etat et déférés devant la justice. On regrettera seulement que cette dernière n'ait pas repris à son compte les conclusions du panel des limiers des Nations Unies en vue d'un châtiment exemplaire des criminels économiques. Si le panel de l'Onu avait été entendu, on en serait pas à la bouillabaisse d'aujourd'hui.
Le Parlement et la justice interpellés
Dans les circonstances présentes, des millions de compatriotes aimeraient savoir combien des milliards de dollars le pays vient de perdre à cause de la boulimie de certains de ses fils. Ils sont surtout impatients de voir le Parlement (Assemblée Nationale et Sénat) se saisir des conclusions du rapport de la commission de revisitation des contrats miniers pour exiger du gouvernement toutes les données relatives aux milliards de dollars qui ont pris la direction des poches des privés, pendant que l'Etat congolais et ses enfants ploient sous une pauvreté indescriptible. Il
Il n'est pas normal que les Congolais et leur pays s'adonnent à la politique de la main tendue à l'échelle universelle, alors que des « assassins » de leur avenir hument l'air frais des palaces de Kinshasa ou de l'occident. Le Chef de l'Etat et le Premier ministre n'ont cessé de parler de la fin de la récréation, donc de l'impunité au pays. Pour le cas d'espèce, les Congolais entendent voir ceux qui ont pillé la République, en trichant avec le Code Minier, payer le prix fort pour leurs forfaitures.
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Aussi, pour faire les choses proprement, l'Assemblée Nationale et le Sénat ont le devoir de dépoussiérer complétement les contrats miniers et de transmettre la liste des pilleurs au Parquet général de la République, pour des poursuites judiciaires en bonne et due forme. Si ceux qui pillé nos mines font la prison, tout en réparant financièrement le tort causé au pays, des candidats au même sport auraient désormais peur.
D'autres contrats léonins en chantier
Compte tenu du fait que le gouvernement donne l'impression de vouloir caresser les pilleurs miniers dans le sens du poil, la pratique des contrats léonins fait des émules. Il nous revient des sources dignes de foi que présentement, les secteurs de l'énergie et des hydrocarbures sont hantés par des investisseurs sans sou, qui s'emploient à conclure des accords avec des entreprises publiques congolaises, dans le but évident de piller, avec la bénédiction de plusieurs décideurs politiques. Ceux-ci ne reculent devant aucun scandale, car assurés de jouir, le moment venu, de l'impunité en passe de s'ériger en institution nationale informelle. La RDC, à cette allure, semble fonctionner comme un bien sans maître.
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