La Tribune (Algiers)

Comores: Le débarquement a eu lieu

Mohamed Khaled Drareni

26 Mars 2008


Alger —  Il a pour objectif de renverser le pouvoir de Bacar sur l'île d'Anjouan

Et la grande inconnue reste évidemment le sort de Mohamed Bacar, l'homme pour lequel cette intervention a eu lieu.

L'Union africaine en avait fait son cheval de bataille. Depuis que Mohamed Bacar a rompu son alliance avec le président comorien Azali Assoumani, il fait cavalier seul sur l'île d'Anjouan. En 2002, puis en 2007, il organise, supervise puis remporte sans surprise l'élection présidentielle dans cette île. C'est alors le clash avec son ancien allié et avec l'Union africaine. Cette dernière avait d'ailleurs décidé de prendre les choses en main et de mettre fin à cette situation d'instabilité dans un des pays les plus instables et les plus pauvres d'Afrique.

Imminente depuis des semaines, l'opération de débarquement a donc finalement eu lieu. Des coups de feu ont déchiré dès le matin le ciel de la capitale de l'île d'Anjouan, Mutsamudu, donnant ainsi le coup d'envoi de l'opération militaire contre le colonel Mohamed Bacar.

Pour cela, les mille soldats soudanais et tanzaniens devraient largement suffire face à la poignée d'hommes qui font l'armée de Mohamed Bacar.

Premier signe du succès du débarquement de l'Union africaine, les soldats tanzaniens qui déambulaient en vainqueurs dans le centre-ville de Mutsamudu. Preuve en est que Mohamed Bacar n'a absolument pas opposé de résistance à la force d'intervention qui, commanditée par l'UA, a finalement eu raison de lui.

Les points stratégiques de la capitale ainsi que le palais présidentiel auraient été désertés selon les journalistes présents sur place. Et la grande inconnue reste évidemment le sort de Mohamed Bacar. L'homme pour lequel cette intervention a eu lieu. «Nous n'avons pas d'informations sur Mohamed Bacar. On ne sait pas où il est», a déclaré hier le ministre comorien de la Défense, Mohamed Bacar Dossar. «Les forces sont en train de se déployer [...] Elles progressent, il y a un peu de résistance à Barakani.

Dans les heures à venir, elle sera réduite», a poursuivi le ministre de la Défense des Comores.

La population d'Anjouan, quant à elle, aurait approuvé l'opération baptisée «Démocratie aux Comores», et aurait même offert son aide aux centaines de soldats soudanais et tanzaniens qui ont effectué ce débarquement annoncé depuis tellement longtemps.

Au bout du compte, ce dernier aurait donc atteint son objectif principal, à savoir le renversement du pouvoir jugé despotique de Mohamed Bacar. L'Union africaine avait fait une promesse, celle de rétablir la démocratie dans un des pays les plus miséreux d'Afrique. Le défi a été relevé. Une manière de citer en exemple la coordination que l'organisation continentale pouvait avoir entre ses Etats membres.

Les Comores ont su mobiliser les forces africaines. Mais bien d'autres pays et d'autres régions du continent auraient tellement besoin d'une sollicitude qui les délivre du despotisme.

Les Africains ont tenté cela avec les Comores parce que c'est un pays faible.

Les autres sont si forts qu'ils sauront maintenir sous leur joug l'Union africaine qu'ils ont eux-mêmes créée de toutes pièces il y a sept ans.

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