Le Potentiel (Kinshasa)

Comores: Crise comorienne - le dialogue serait mieux que l'intervention de la force africaine

PIERRE EMANGONGO ET BIENVENU IPAN (STAGIAIRE)

26 Mars 2008


analyse

Kinshasa — La force de l'Union africaine (UA) s'est déployée mardi à Anjouan pour chasser le président de cette île, Mohammed Bacar dont l'élection fait l'objet de très fortes contestations. Ainsi, en lieu et place du dialogue, cet interventionnisme de la force africaine est considéré par de nombreux analystes comme étant une politique de deux poids deux mesures.

L'armée comorienne et les troupes mandatées par l'Union africaine (UA) sont entrées mardi sans résistance dans la capitale d'Anjouan pour chasser le président de l'île, Mohamed Bacar, dont le palais a été déserté après des combats à l'arme lourde, constate l'AFP.

Mohamed Bacar «a été localisé» au cours de l'opération militaire, a annoncé le porte-parole de l'armée comorienne, Ahmed Sidi. Ce dernier n'a pas dit si M.Bacar a été arrêté ou non.

Aucun bilan d'éventuelles victimes n'était disponible depuis le début de l'opération «Démocratie aux Comores», lancée à l'aube à Anjouan par l'armée comorienne soutenue par les troupes mandatées par l'UA contre les autorités jugées illégales de l'île.

Des tirs d'armes lourdes étaient toujours entendus dans les environs de sa résidence privée, située à Ouani, dans le quartier de Barakani, à quelques encablures de la capitale Mutsamudu. Des éléments des forces du colonel Bacar étaient également toujours déployés dans les environs.

DEUX POIDS DEUX MESURES

Si les habitants d'Anjouan ont salué de deux mains l'intervention de la force de l'UA dans l'île, des analystes formulent cependant des critiques acerbes à l'organisation continentale qui auraient mieux fait de continuer avec le dialogue au lieu de recourir à la force.

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Ils qualifient cet interventionnisme de l'UA de politique de deux poids deux mesures au motif qu'il y a eu de nombreuses élections où des dictateurs africains ont excellé dans des fraudes massives sans être inquiétés par la force de l'UA. Au nombre de ces simulacres des élections figurent celles du Nigeria, du Tchad, Kenya et autres. Ces analystes estiment que l'interventionnisme de l'Organisation continentale porte les germes de sa propre destruction. Car, ont-ils ajouté, la force africaine qui est reconnue par la précarité des moyens est mal placée pour intervenir partout où les résultats électoraux seront contestés ou encore partout où il y aura une crise de légitimité.

Par ailleurs, ils attendent voir cette force de l'UA à l'oeuvre au Zimbabwe où les élections s'annoncent difficiles avec une possibilité de nombreuses fraudes électorales.

En définitive, les dirigeants africains sont appelés à doter l'UA d'une politique réaliste de règlement des conflits au niveau du continent.

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