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Tchad: Entre le Tchad et le Soudan, l'accord n'a rien réglé


Le Pays (Ouagadougou)
 

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Le Pays (Ouagadougou)

26 Mars 2008
Publié sur le web le 26 Mars 2008

Mahorou Kanazoe

L'Accord de Dakar arraché à Idriss Déby Itno et Omar Hassan El-Béchir va-t-il durer le temps d'un feu de paille ?

Le scepticisme entourait l'application effective de cet énième accord de paix entre le Tchad et le Soudan et se vérifie aujourd'hui à l'aune de nouvelles accusations que les deux pays se portent mutuellement. En fait, comme les précédents, l'accord signé à Dakar n'a pas réglé le problème de fond, à savoir la forte méfiance entre les deux régimes et la persistance de la guerre par procuration qu'ils se mènent à travers des supplétifs comme les rebelles. Ces derniers continuent de bénéficier des largesses et de la protection de leurs maîtres à Khartoum ou à N'Djaména.

La tactique des deux dirigeants, pour maintenir leurs hommes de main en état d'alerte, est d'ailleurs connue: les rebelles déclarent chaque fois que les accords n'engagent que leurs signataires. Ils gardent ainsi les mains libres pour pouvoir agir à la demande de leurs mentors. Le double jeu de Déby et de El-Béchir, consistant à signer des accords tout en maintenant leurs rébellions en activité, est nocif pour la paix. On comprend pourquoi après être allés jusqu'à jurer devant la Kaaba, le haut-lieu saint de l'Islam, les deux voisins continuent de se vouer une haine non dissimulée.

Les séances officielles avec sourires et accolades convenus ne scelleront jamais une paix définitive entre le Tchad et le Soudan sans un changement de gouvernance dans les deux pays. Jusqu'à présent, en effet, chaque régime lie sa survie à la déstabilisation de l'autre, au détriment des actions de développement et de l'instauration de la démocratie, qui sont les vrais ressorts de la stabilité.

La politique intérieure des deux pays est ainsi essentiellement axée sur la guerre, au grand dam des opposants et des activistes des droits de l'homme. En entretenant un climat permanent de conflit, les deux chefs d'Etat peuvent tranquillement verrouiller le processus démocratique et demeurer éternellement au pouvoir. Les accords successifs furent mort-nés parce qu'ils occultent cette question de la gouvernance démocratique. Celui de Dakar ne connaitra pas un meilleur sort, frappé qu'il est du sceau de l'inconséquence de ses géniteurs.



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