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Togo: Il faut encourager la lecture au Togo


 

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Republic of Togo (Lomé)

26 Mars 2008
Publié sur le web le 26 Mars 2008

A l'initiative du Département des lettres modernes de l'Université de Lomé (UL) et en partenariat avec l'Association togolaise des bibliothécaires, un colloque, consacré à Félix Couchoro, premier écrivain togolais, est organisée les 26 et 27 mars à l'auditorium du campus universitaire de Lomé. Né en 1900, Félix Couchoro à son actif vingt-deux romans dont le plus connu est « l'Esclave ».

Le professeur Gbénouga Martin (photo), chef du Département des lettres modernes à l'Université de Lomé, précise les principaux objectifs de ce colloque.

Republicoftogo.com : Vous organisez un colloque pour évoquer l'oeuvre de Félix Couchoro ; dans quel but ?

Martin Gbénouga : Couchoro est un auteur suffisamment riche mais pas assez connu. On ne site qu'un seul roman, « l'esclave » alors qu'il a écrit plus d'une vingtaine d'ouvrages. Nous pensons donc qu'il est indispensable de populariser son travail.

Couchoro est un précurseur de la littérature togolaise ou mieux, africaine.

Republicoftogo.com : Quel impact cet homme a-t-il laissé au sein du monde littéraire et au sein de la société togolaise ?

Martin Gbénouga : L'Å"uvre de Félix Couchoro a traversé le temps et s'impose encore aujourd'hui. Au niveau des écoles et des universités il y a eu un certain nombre d'études qui ont été faites sur son travail d'écrivain.

Les grandes thématiques développées par Félix Couchoro sont toujours d'actualité. Il s'agit, notamment, des questions de famille, de polygamie, de voisinage, de relations entre les individus avec les rivalités qu'elles engendrent.

Il aborde aussi dans ses romans les questions politiques, l'unité nationale, les identités sectaires. Autant de thèmes toujours d'actualité au Togo.

Félix Couchoro est un auteur visionnaire et je pense que son Å"uvre est à relire davantage de nos jours.

Republicoftogo.com : Pensez-nous qu'un colloque peut permettre de mieux faire connaître un auteur ?

Martin Gbénouga : Evidemment un colloque ne peut pas tout résoudre. Mais c'est un début. Il faut inscrire ces auteurs dans les programmes d'éducation scolaire. Il importe également que des actions culturelles soient engagées et soutenues. Le projet de « lecture pour tous » initié par le service de coopération de l'ambassade de France est aussi un outil intéressant. Il faut encourager la lecture et assurer la promotions des Å"uvres littéraires par des actions diverses et multiformes.

Félix Couchoro, un écrivain fécond

Né le 30 janvier 1900 à Ouidah, au Dahomey (aujourd'hui république du Bénin) de parents dahoméens, Félix Couchoro fait ses études primaires et le début de ses études secondaires respectivement à l'école Catholique de Grand-Popo et au Petit Séminaire Sainte-Jeanne d'Arc de Ouidah de 1915 à1919. Il est ensuite moniteur à l'école Catholique de Grand-Popo de 1919 à 1924 avant de devenir gérant de la Société Commerciale de l'Ouest Africain (SCOA), d'abord à Athiémé, puis à Grand-Popo de 1924 à 1939. De 1931 à1933 il dirige le journal l'Éveil Togolais qui deviendra l'Éveil Togo-Dahoméen.

En 1939, des tracasseries policières l'obligent à se réfugier à Anécho (Togo). De 1939 à 1952, il est agent d'affaires à Anécho et se lance parallèlement dans le mouvement de la décolonisation au côté des Nationalistes réunis dans le Comité de l'Unité Togolais (C.U.T),parti de Sylvanus Olympio; il fait parti de l'équipe de rédaction des journaux nationalistes. En 1952,il se réfugie à Aflao au Ghana pour échapper à la répression policière.

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Il revient au Togo en 1958, devient Rédacteur au Service de l'Information à Lomé. Il prend sa retraite en 1965 et meurt à Lomé le 5 Avril 1968.

Félix Couchoro est un écrivain très fécond, il a laissé une Å"uvre romanesque exceptionnelle par son abondance: vingt romans dont la plupart ont paru en feuilleton dans le quotidien Togo-Presse.

Le premier, L'Esclave, a paru en 1929 aux Editions de La Dépêche Africaine à Paris. Amour de féticheuse et Drame d'amour à Anécho ont été «édités» par L'imprimerie de Madame P. d'Alméida à Ouidah (Boulevard de la Gare), respectivement en 1941 et 1950. L'héritage, cette peste, le quatrième roman, a paru en feuilleton dans Togo-Presse du 18 février au 16 avril 1963, et été publié en volume autonome cette année -là par les soins d'Editogo.



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