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Côte d'Ivoire: Soulèvement des militaires à l'Ouest - 1 mort, 9 blessés, Mangou s'interpose


Notre Voie (Abidjan)
 

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Notre Voie (Abidjan)

26 Mars 2008
Publié sur le web le 26 Mars 2008

Félix Teha Dessrait

Dié. Ludovic, un jeune faisant partie des démobilisés de forces de libération du grand ouest (FLGO) reversés dans la vie civile pour les petits métiers, est tombé, hier, autour de 11h, à Guiglo, sous les balles des militaires qui manifestaient leur colère.

Selon la source qui a donné l'information confirmée par plusieurs autres sources, le jeune Dié Ludovic a pris la balle en plein front alors qu'il vaquait tranquillement à ses travaux d'extraction et de vente de charbon de bois pour la mine de charbon Thanry (route de Bloléquin). Le soulèvement des militaires à Guiglo (chef-lieu de la région du Moyen-Cavally) qui a coûté la vie au jeune Dié Ludovic, originaire du village de Mona (commune de Guiglo), est un acte solidarité à la révolte des soldats de la ville de Duékoué. Ceux-ci, la veille, avaient occupé la ville, tirant en l'air des rafales avec des kalachnikov. Et cela, à la suite de l'assassinat d'un des leurs, le nommé Akpa Akpess Jacob, soldat de 1ère classe, surpris à son domicile par les bandits. La mort tragique du jeune originaire de Mona, comme on pouvait s'y attendre, n'a pas été sans conséquence.

En effet, les populations, dès l'annonce de la mort du jeune charbonnier, ont investi les rues clamant des slogans hostiles aux soldats insurgés. Ils ne se sont pas arrêtés là. Les protestataires se sont emparés du corps du défunt pour le déposer dans le camp militaire en exigeant aux maîtres des lieux d'enterrer "leur mort". Selon nos sources, cette forte pression des populations sur les militaires a baissé un tant soit peu quand le chef d'état-major (CEMA), le général de division Philippe Mangou a foulé le sol de Guiglo autour de 15 h pour sa mission d'aipaisement qui a pris des allures de méditation.

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En tout cas, il y a eu médiation puisqu'après la rencontre avec les insurgés organisée dans le plus grand secret, le général Mangou a rencontré, tour à tour, les autorités municipales et les dignitaires du FLGO pour, non seulement, apporter sa compassion à la famille éplorée, mais annoncer que l'état-major prendra en charge les obsèques du jeune tué. Toujours selon nos sources, le patron de l'armée, dans un souci d'apaisement, après avoir remis symboliquement une somme de 500.000 FCFA à la famille du défunt, a décidé du transfert du corps sous peu à Abidjan pour autopsie. Question de savoir si Dié Ludovic a été tué à la suite d'une balle perdue ou d'une balle tirée délibérément. Ayant ramené le calme, le CEMA, évidemment, a quitté Guiglo à 17 h.

Seulement voilà. "Après le départ de Mangou, les militaires se sont mis de nouveau à tirer en l'air à travers la ville. Nous ne pouvions pas l'accepter. C'est ainsi que nous avons invité le préfet militaire Danon Djédjé à faire rentrer ses hommes en caserne. Nous lui avons dit que s'il ne le réussit pas, nous allons prendre la manifestation de ces insurgés comme une rébellion. Et donc, nous allons nous organiser pour la résistance. Heureusement, ils sont rentrés en caserne après l'intervention de leur patron", a expliqué un des hauts responsables du FLGO joint par téléphone hier en fin de journée à Guiglo.

En clair, le calme est revenu dans les villes de Duékoué (où on dénombre 4 blessés) et Guiglo (5 blessés, 1 mort), tout comme Bloléquin que ce mouvement de soulèvement avait également gagné. Les exigences formulées par les militaires à la suite de la mort d'un des leurs sont connues : le départ du gouverneur militaire le colonel-major Guié Globo qu'ils accusent de fermer l'oeil sur les agressions dont ils sont victimes, et leur retour dans les corridors de sécurité d'où ils ont été retirés dans le cadre de l'application de l'accord de Ouagadougou.



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