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Comores: Le gouvernement de l'Union reprend l'île rebelle d'Anjouan


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26 Mars 2008
Publié sur le web le 26 Mars 2008

Port Louis

Le gouvernement des Comores a repris mardi le contrôle de l'île rebelle d'Anjouan au cours d'une opération visant à renverser le président dissident Mohamed Bacar, selon un responsable du gouvernement.

« L'opération a démarré à l'aube et se déroule sans heurts et conformément au plan arrêté », a indiqué à IRIN Abdourahim Saïd Bakar, porte-parole du gouvernement de l'Union. « Les militaires ont pris le contrôle de la quasi-totalité de l'île - de l'aéroport et de Mutsamudu, la capitale d'Anjouan ».

Soutenues par une coalition de troupes tanzaniennes, soudanaises et sénégalaises, et grâce à l'appui logistique de la Libye, les forces gouvernementales comoriennes ont débarqué sur l'île d'Anjouan le 25 mars pour mettre fin au régime de Mohamed Bacar, le président dissident, arrivé au pouvoir à la faveur d'un coup d'Etat en 2001.

Dans la matinée de lundi, l'armée a rencontré encore quelques résistances près du domicile de M. Bacar, selon le porte-parole, et l'ancien colonel de gendarmerie restait introuvable.

« Nous espérons que le problème sera résolu d'ici la fin de la journée [...] Une unité spéciale a été désignée pour capturer M. Bacar, l'arrêter et le traduire en justice. Il faut qu'il réponde de ses crimes ».

Toutes les communications téléphoniques vers Anjouan sont coupées depuis plusieurs semaines, mais les agences de presse internationales ont fait état d'explosions et de tirs de mitrailleuses sur l'île.

La crise politique qui secoue l'archipel de l'Océan indien couve depuis juin 2007, après la tenue, sur les trois îles (Anjouan, la Grande Comore et Mohéli), d'élections nationales supervisées par l'Union africaine (UA).

« Une unité spéciale a été désignée pour capturer M. Bacar, l'arrêter et le traduire en justice. Il faut qu'il réponde de ses crimes »

Invoquant des irrégularités et des actes d'intimidation lors de la campagne électorale, le gouvernement de l'Union et l'Union africaine (UA) avaient décidé de reporter les élections à Anjouan. Passant outre cette décision, Mohamed Bacar avait fait imprimer ses propres bulletins de vote et avait organisé des élections, qu'il avait par ailleurs largement remportées.

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Ni M. Bacar, ni le gouvernement de l'Union des Comores, qui exige de nouvelles élections, n'était prêt à faire des concessions. Tous les efforts de l'UA pour tenter de dénouer la crise ont échoué, comme, du reste, les sanctions prises à l'encontre des dirigeants d'Anjouan et ciblant leur liberté de circulation et leurs avoirs financiers.

En février, après plusieurs négociations infructueuses, le Conseil de paix et de sécurité de l'UA a revu sa position sur la crise politique en soutenant la décision du gouvernement de l'Union de recourir à la force militaire. Les forces de la coalition ont alors commencé à être massées sur Mohéli, l'île la plus proche d'Anjouan.

Limiter le nombre de victimes

La veille de l'offensive, des hélicoptères avaient largué des tracts au-dessus d'Anjouan pour avertir la population de l'imminence d'une opération militaire et l'inviter à rester chez elle. Près de 300 000 personnes vivent sur cette petite île, alors que l'archipel, situé au large des côtes de l'Afrique de l'Est, compte quelque 700 000 habitants.

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Selon le porte-parole, il n'y aurait aucun mort jusqu'à présent. « Certainement que cette opération fera des victimes, mais nous pensons pouvoir faire en sorte qu'il y en ait un minimum. Le message des tracts d'avertissement a été bien compris et nous pensons que notre opération ne fera pas de victimes civiles », a-t-il affirmé.

M. Bacar est censé diriger un groupe de gendarmes bien armés qui compterait environ 500 hommes ; aussi était-il généralement admis que toute solution militaire nécessiterait l'intervention de forces étrangères.

« Les autorités illégitimes d'Anjouan sont mieux préparées et disposent d'une armée mieux équipée. Il faut rappeler que par deux fois [en 1997 et en 2007] les forces du gouvernement de l'Union ont été boutées hors d'Anjouan », a expliqué à IRIN Chrysantus Ayangafac, chercheur principal au Programme de prévention directe des conflits de l'Institute for Security Studies.

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