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Afrique: La recherche sur le vaccin anti-SIDA a-t-elle un avenir?


Inter Press Service (Johannesburg)
 

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Inter Press Service (Johannesburg)

26 Mars 2008
Publié sur le web le 27 Mars 2008

Aimable Twahirwa

Des chercheurs africains sont divisés sur la teneur des essais cliniques effectués à travers le continent pour la mise au point du vaccin anti-SIDA.

Ils étaient réunis jusqu'au début de cette semaine dans la ville côtière ougandaise d'Entebbe.

Le programme africain pour un vaccin contre le SIDA est une initiative lancée en 2000 par des chercheurs africains conjointement avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Programme conjoint des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA) pour soutenir une action visant la mise au point de vaccins contre le virus de l'immunodéficience acquise humaine (VIH) responsable de cette pandémie.

Sur l'ensemble des quelque 40 millions de personnes déclarées séropositives dans le monde entier, au moins 25 millions se trouvent en Afrique subsaharienne avec un taux progressif de 4,3 millions de personnes infectées chaque année, selon des statistiques de l'ONUSIDA.

"Les résultats de la première expérience des essais cliniques sur le vaccin anti-VIH en Afrique sont positifs, mais ne sont pas totalement convaincants", déclare le professeur Jeckoniah Ndinya Achola, chercheur à l'école de médecine de l'Université de Nairobi, au Kenya.

"La difficulté dans cette recherche réside notamment dans le fait que le vaccin anti-SIDA en cours d'élaboration n'assume pas un rôle préventif pour empêcher réellement l'infection de survenir", explique Achola à IPS.

Les premiers essais cliniques sur le vaccin contre le VIH, administrés déjà en 2007 auprès d'un échantillon de 57 volontaires au Kenya, en Ouganda et en Afrique du Sud, ont permis aux chercheurs de noter que contrairement à ce qui se passe dans d'autres infections virales classiques, le VIH n'est jamais éliminé par les anticorps résultants d'un vaccin.

Le rôle principal d'un vaccin est de stimuler le système immunitaire d'un être vivant contre une éventuelle contamination par la maladie.

D'autres essais cliniques, effectués précédemment en 2005 par une équipe de chercheurs français à l'Institut Pasteur chez des souris et des primates, avaient abouti à des résultats similaires.

"La découverte d'un vaccin anti-SIDA reste un véritable casse-tête étant donné que les anticorps résultant d'un vaccin ne pourraient totalement éliminer le virus de cette pandémie ", affirme Achola.

"Le salut dans la campagne anti-SIDA en Afrique viendra peut être de l'introduction d'autres alternatives thérapeutiques comme la circoncision", estime-t-il.

Des études menées par des institutions occidentales de recherche au Kenya et en Ouganda en 2007 ont montré une baisse des risques de 53 pour cent et 51 pour cent, respectivement, grâce à la circoncision. Ces résultats ont poussé l'OMS et l'ONUSIDA à recommander la circoncision comme une méthode supplémentaire dans la lutte contre l'infection à VIH, en particulier en Afrique subsaharienne.

Mais Kaleebu Pontiano, chercheur au Programme africain pour un vaccin contre le SIDA (AAVP, sigle en anglais), est plutôt optimiste. "L'espoir de la mise au point d'un vaccin anti-SIDA en Afrique reste sans équivoque", affirme-t-il à IPS. "La seule entrave intrinsèque dans cette initiative réside au niveau de la collaboration entre toutes les institutions nationales, régionales et internationale ainsi que d'autres partenaires impliqués dans cette recherche".

Selon lui, le principe de la mise au point d'un vaccin ne doit pas rester le monopole des chercheurs, mais cette démarche nécessite également l'implication des autres acteurs, notamment les organes officiels de régulation ou de normalisation et d'autres institutions gouvernementales qui doivent donner l'aval avant l'application d'un vaccin.

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"Il faut qu'il y ait d'abord un renforcement de capacités de toutes ces structures de régulation et de légalisation, une tâche qui incombe à nos institutions fragiles", affirme Dr Pontiano à IPS.

Cette opinion est partagée par le professeur Walter Jaoko, chercheur en biomédical au AAVP. "L'élaboration du vaccin anti-SIDA en Afrique est notamment influencée par d'autres facteurs d'ordre socio-économique", explique-t-il à IPS.

Même si la recherche sur les anticorps neutralisant le VIH en est à ses balbutiements, le manque de laboratoires ainsi que l'environnement non adapté à la recherche dans la plupart des pays africains risquent de compromettre cette initiative, observe Jaoko. "Ce manque d'équipements adaptés pour la recherche compromet énormément les travaux menés pour le développement des autres types de vaccins plus efficaces", ajoute-t-il.

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